Les populations ouest-africaines pourraient bientôt faire face à une nouvelle flambée des prix. Dans son rapport annuel West African Development Outlook (WADO) 2026, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) alerte sur les conséquences économiques des tensions persistantes au Moyen-Orient. Selon les informations, ces conséquences risquent d’alourdir davantage le coût de la vie dans la région.
Selon l’institution, le conflit dans cette partie du monde exerce déjà une pression sur les marchés internationaux, avec une hausse des prix du pétrole, des engrais et des coûts du transport maritime. Une situation qui pourrait se répercuter sur les économies ouest-africaines, fortement dépendantes des importations.
Cette alerte intervient pourtant dans un contexte où les indicateurs économiques sont en nette amélioration. En 2025, la croissance économique régionale a atteint 4,8 %, contre 4,7 % un an plus tôt. L’inflation a également ralenti, passant de 25,3 % à 16,8 %, tandis que le déficit budgétaire et le niveau de la dette publique ont reculé.
Résultats fragiles selon le BIDC
Mais pour la BIDC, ces résultats restent fragiles face aux chocs extérieurs.
« Les difficultés actuelles rappellent celles observées pendant la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine », souligne l’institution, qui estime que les économies de la région demeurent très sensibles aux crises géopolitiques internationales.
Au-delà des chiffres encourageants, la banque note que cette reprise économique ne profite pas encore suffisamment aux populations. Les créations d’emplois, l’amélioration des revenus et la réduction de la pauvreté restent limitées malgré les progrès enregistrés.
La BIDC prévoit une croissance de 4,7 % en 2026 puis 4,9 % en 2027, mais avertit que ces prévisions pourraient être compromises par plusieurs facteurs, notamment les tensions géopolitiques, l’insécurité alimentaire, les pénuries d’électricité, les difficultés budgétaires et un éventuel retour de l’inflation.
Pour renforcer la résilience de l’Afrique de l’Ouest, l’institution recommande aux États d’investir davantage dans la transformation locale, notamment dans le raffinage du pétrole, la production d’engrais, le développement agricole et l’industrie agroalimentaire. L’objectif est de réduire la dépendance aux marchés internationaux et de mieux protéger les économies régionales contre les crises mondiales.
Avec cet avertissement, la BIDC rappelle que malgré les signes de reprise économique, le pouvoir d’achat des ménages ouest-africains reste exposé aux soubresauts de la conjoncture internationale.
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