Lomé a pris son temps, mais le signal de reprise est désormais officiel. Par un arrêté signé le 18 août 2026, le ministre délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières, Robert Koffi Messan Eklo, a levé la suspension qui frappait la délivrance des autorisations de prospection et des permis de recherche sur l’ensemble du territoire national. Loin d’être un simple retard administratif, cet arrêt de 17 mois répondait à une volonté politique claire. Assainir le secteur extractif avant d’ouvrir une nouvelle phase d’attribution.
Présentée en mars 2025 comme une « pause stratégique », cette décision visait à stopper l’attribution de périmètres miniers sous l’ancien régime réglementaire pour éviter le bradage des ressources nationales.
Assainir le secteur et réviser le Code minier
Durant cette période de gel, les autorités se sont attelées à la relecture du Code minier. Cette réforme s’inscrit dans le cadre des mutations institutionnelles engagées depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution en mai 2024. L’ambition affichée par le gouvernement est de bâtir un cadre juridique plus rigoureux, axé sur la transparence, la durabilité et une meilleure retombée économique pour l’État et les localités hôtes.
Cette révision cherche également à mettre fin aux pratiques de spéculation foncière minière, où des opérateurs obtenaient des permis de recherche sans disposer des capacités financières nécessaires pour conduire les travaux d’exploration.
Un accès au secteur minier désormais soumis à un filtre rigoureux
La réouverture des guichets ne constitue pas un chèque en blanc pour les investisseurs. Si les entreprises peuvent de nouveau soumettre leurs dossiers, la Direction générale des Mines et de la Géologie a renforcé ses critères de sélection. Les candidats doivent désormais fournir des garanties techniques et financières solides, accompagnées d’un programme de travaux précis pour espérer obtenir un permis valable trois ans.
Seuls les matériaux de construction et les minéraux industriels restent exclus de cette reprise, confirmant la volonté de l’État de maintenir un encadrement strict sur les substances stratégiques du sous-sol togolais.
