À partir du 1er janvier 2026, les produits contraceptifs ne seront plus exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 13 % en Chine. Cette exonération fiscale était en vigueur depuis plus de 30 ans. Les préservatifs et certains médicaments contraceptifs seront désormais soumis à la même taxation que les autres produits de consommation.
Cette décision intervient dans un contexte démographique jugé critique par les autorités chinoises. En 2024, le pays a enregistré 9,5 millions de naissances, contre 14,7 millions en 2019, soit une chute de plus de 5 millions de naissances en cinq ans, selon les chiffres officiels. Il s’agit de l’un des niveaux les plus bas jamais observés depuis la fondation de la République populaire de Chine.
Autre chiffre marquant : depuis 2022, le nombre de décès dépasse celui des naissances. En 2023, la Chine a également perdu son statut de pays le plus peuplé du monde, avec une population estimée à 1,41 milliard d’habitants, désormais dépassée par l’Inde. Face à ce déclin démographique rapide, Pékin multiplie les réformes pour tenter d’inverser la tendance.
La fin de l’exonération de la TVA sur la contraception s’inscrit ainsi dans une série de mesures destinées à encourager les naissances. L’objectif affiché est clair : rendre la parentalité plus fréquente dans un pays où le taux de fécondité est tombé à environ 1,0 enfant par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1.
Produits contraceptifs taxés : Une décision jugée critique
Cependant, sur les réseaux sociaux chinois, la décision est largement critiquée. De nombreux internautes estiment que 13 % de taxe supplémentaire sur les contraceptifs ne suffira pas à convaincre les couples d’avoir des enfants. Pour eux, les véritables freins restent économiques. Le coût du logement dans les grandes villes absorbe parfois plus de 40 % des revenus des ménages, tandis que les dépenses liées à l’éducation et à la santé continuent d’augmenter.
Certains parents rappellent aussi les conséquences de l’ancienne politique de l’enfant unique, appliquée pendant plus de 35 ans, qui avait profondément marqué la société. Amendes, sanctions administratives et avortements forcés restent encore présents dans les mémoires. Pour ces familles, toute politique touchant à la reproduction doit être abordée avec prudence.
Les experts en santé publique expriment également des inquiétudes chiffrées. Une hausse des prix des contraceptifs pourrait réduire leur accessibilité, notamment pour les jeunes et les populations à faibles revenus. Cela pourrait entraîner une augmentation des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles, avec, à terme, une pression accrue sur les dépenses de santé publique.
Selon plusieurs démographes, l’impact réel de cette taxe sur le nombre de naissances devrait rester limité. Les décisions de faire des enfants sont davantage influencées par la stabilité financière, l’accès au logement et les politiques de soutien aux familles que par le prix des contraceptifs.
Pour d’autres analystes, cette réforme marque néanmoins un tournant symbolique. En quelques décennies, la Chine est passée d’une politique visant à réduire les naissances à une stratégie cherchant désormais à les augmenter, illustrant l’ampleur du défi démographique auquel le pays est confronté.
En toile de fond, les chiffres parlent d’eux-mêmes : moins de naissances, une population vieillissante et une pression croissante sur l’économie. Reste à savoir si cette mesure fiscale contribuera réellement à inverser la courbe démographique chinoise.