La Guinée Conakry va-t-elle tourner le dos à l’ECO, la future monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ? La question alimente les débats, notamment sur les réseaux sociaux. Pourtant, la réalité est plus nuancée : Conakry n’a pas annoncé un rejet définitif du projet.
La position guinéenne est plutôt marquée par la prudence. Le pays souhaite participer aux discussions sur la mise en place de cette monnaie régionale, mais veut s’assurer que les conditions d’adoption répondent aux intérêts économiques de tous les États membres.
Le désaccord remonte notamment à la période 2019-2020, lorsque la Guinée et plusieurs pays de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO) avaient critiqué la décision des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de donner le nom « ECO » au franc CFA.
La Guinée et l’Eco
Pour Conakry, l’ECO devait être le résultat d’un projet commun porté par l’ensemble des pays de la CEDEAO et non une simple transformation du franc CFA.
Aujourd’hui, la Guinée ne ferme donc pas la porte à cette monnaie unique. Les autorités guinéennes souhaitent plutôt que son fonctionnement prenne en compte les réalités économiques de chaque pays et garantisse une plus grande autonomie financière.
Cette prudence s’explique aussi par la situation économique particulière de la Guinée. Le pays dépend fortement du secteur minier, notamment de la bauxite, et veut s’assurer que l’adoption d’une monnaie commune ne fragilise pas ses intérêts économiques.
Avant son lancement, l’ECO devra encore relever plusieurs défis. Les pays membres doivent notamment parvenir à une meilleure convergence économique, avec une inflation maîtrisée, une discipline budgétaire et une stabilité financière suffisante.
Au-delà des chiffres et des critères économiques, le débat autour de l’ECO touche aussi à une question de souveraineté. Pour plusieurs acteurs africains, cette monnaie doit être plus qu’un outil d’échange : elle doit permettre aux pays de la région de renforcer leur indépendance économique.
La position de la Guinée peut donc se résumer ainsi : Conakry ne rejette pas l’ECO, mais veut être rassurée sur les règles, les avantages et les garanties avant de s’engager pleinement.
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