Les résultats provisoires des élections municipales 2025 au Togo ont été publiés lundi par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). L’Union pour la République (UNIR) a obtenu 75 % des sièges. Sur 1 527 sièges à pourvoir, le parti en occupe 1 150.
Derrière UNIR, l’opposition peine à exister de manière significative. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, malgré ses ambitions de « reconquête populaire », ne parvient à sauver que 51 sièges, soit seulement 3% du total. Ce score souligne l’incapacité de l’ANC à percer dans le paysage politique local, bien que le parti ait tenté de mobiliser les électeurs à travers des discours de changement.
L’Union des Forces de Changement (UFC), un autre acteur historique de l’opposition, se contente de 38 sièges. Cette performance reflète l’essoufflement progressif du parti, surtout après l’accord de gouvernement conclu avec le pouvoir en 2010. L’essor de nouveaux mouvements et partis semble lui faire de plus en plus d’ombre.
Une petite avancée mais insuffisante pour inquiéter UNIR
Malgré la domination d’UNIR, quelques partis émergents réussissent à tirer leur épingle du jeu. L’Alliance Démocratique pour le Développement Intégral (ADDI), qui avait déjà montré des signes de progression lors des législatives récentes, confirme cette tendance avec 34 sièges. Bien que ce résultat soit modeste, il reflète l’ascension de partis alternatifs qui commencent à se faire une place dans le paysage politique togolais.
La surprise vient de Togolais, viens, agir (TOVIA), un mouvement indépendant fondé par Joseph Gomado, ancien ministre du Développement des territoires et ex-membre de l’ANC. Cette plateforme, qui rassemble des démissionnaires de l’ANC et du Nouvel Engagement Togolais (NET), récolte 24 sièges. Ce résultat inattendu lui permet de dépasser des partis plus établis, comme le Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD) et les Forces Démocratiques pour la République (FDR).
Municipales 2025 : Les résultats restent provisoires
Il est important de souligner que ces résultats restent provisoires et devront être validés par la Cour Suprême, qui devra examiner les éventuels recours. Les partis politiques et les listes indépendantes ont jusqu’à quelques jours pour contester les résultats auprès des juridictions compétentes. Toutefois, avec un tel écart de sièges, aucune grande surprise ne semble attendue.
Les résultats actuels dessinent un paysage politique où UNIR semble impossible à déloger à court terme. L’absence de contre-pouvoir significatif au niveau local soulève des questions sur l’équilibre démocratique au Togo.
Alors que le pouvoir central renforce son emprise sur les collectivités locales, la question de la vitalité de la démocratie au Togo se pose à nouveau. L’absence de véritable alternative au pouvoir en place pourrait limiter la diversité politique et la représentativité à l’échelle locale.