La PIA – Plateforme industrielle d’Adétikopé – continue d’aiguiser l’appétit des investisseurs étrangers, et tout particulièrement asiatiques. Fin novembre, une délégation d’hommes d’affaires chinois venus de la province de Hebei a effectué une visite de travail à Lomé. En ligne de mire, une implantation industrielle sur l’un des projets phares de la stratégie économique togolaise.
Officiellement présentée comme une mission de prospection, la visite s’inscrit dans un mouvement plus large : celui du redéploiement des capitaux industriels chinois vers des plateformes africaines capables d’offrir à la fois stabilité politique, incitations fiscales et accès régional. La PIA, conçue comme une zone intégrée couvrant logistique, transformation industrielle et services, coche désormais l’ensemble de ces cases.
Le groupe d’investisseurs a été reçu par le lieutenant-colonel Idiola Sandah, administrateur général de l’Autorité de coordination de la PIA (ACP), et par Tushar Khairnar, président du complexe industriel, qui ont veillé à exposer les arguments clés du projet : foncier sécurisé, énergie disponible, fiscalité aménagée et guichet unique pour les procédures administratives.
Ce que regarde réellement Hebei à la PIA
Derrière la vitrine officielle, les industriels chinois s’intéressent avant tout aux secteurs où la PIA peut rapidement monter en puissance : textile et habillement, transformation des produits agricoles, matériaux de construction et logistique régionale. Autant de segments dans lesquels la province de Hebei dispose d’un savoir-faire industriel éprouvé.
Les échanges portent également sur les conditions d’implantation à moyen terme, les règles de rapatriement des bénéfices et les garanties offertes par l’État togolais, des paramètres déterminants pour tout engagement en capital à long terme.
Du côté de Lomé, cette séquence diplomatico-économique n’a rien d’anodin. Le gouvernement togolais multiplie les signaux à destination des investisseurs chinois, perçus comme des partenaires capables d’apporter des projets industriels « clés en main », rapidement opérationnels.
Dans un contexte régional marqué par des incertitudes politiques, le Togo met en avant sa stabilité institutionnelle et ses réformes financières pour séduire des groupes en quête de nouvelles bases industrielles hors d’Asie.
Des annonces encore sous embargo
Aucun montant d’investissement ni calendrier précis n’a, pour l’heure, été rendu public. Mais selon plusieurs sources proches du dossier, des discussions avancées portent déjà sur des projets pilotes, susceptibles de faire l’objet d’accords formels dans les prochains mois.
La province de Hebei pourrait ainsi devenir l’un des premiers pôles chinois à s’implanter durablement au sein de la PIA, ouvrant la voie à un effet d’entraînement auprès d’autres acteurs asiatiques.
Avec cette nouvelle visite, la Plateforme industrielle d’Adétikopé confirme son rôle de vitrine du Togo industriel. Reste à transformer l’intérêt affiché en investissements tangibles. Pour Lomé, l’enjeu dépasse la simple attraction de capitaux : il s’agit de bâtir un écosystème industriel capable de structurer durablement l’économie nationale et de repositionner le pays dans la cartographie industrielle ouest-africaine.