L’affirmation de son identité Adja est l’un des secrets de la victoire d’Angèle Eyou à La 30è édition de Miss Togo. Au-delà de sa beauté, de son charisme et de sa détermination, Angèle Prudence Eyou doit une partie de son succès à un geste fort : l’affirmation publique de son identité Adja. Une prise de position qui a profondément touché une communauté souvent confrontée à des préjugés et à un manque de reconnaissance.
Dans une courte vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, la candidate avait choisi de s’exprimer en langue adja pour rappeler son origine. Un acte simple, mais lourd de sens pour de nombreux Togolais Adja qui se sentent parfois perçus comme des “étrangers” dans leur propre pays. Beaucoup témoignent être considérés comme Béninois lorsqu’ils parlent leur langue au Togo, alors qu’au Bénin on leur rappelle qu’ils sont Togolais. Un rejet double, vécu comme une douleur identitaire.
Cette vidéo a alors agi comme un signal. La communauté Adja, très soudée et très présente dans l’entrepreneuriat, s’est mobilisée massivement pour soutenir l’une des leurs. Plusieurs électeurs affirment avoir voté pour elle précisément parce qu’elle avait revendiqué son identité avec fierté, brisant la peur de parler adja en public, peur entretenue par les amalgames et l’ignorance.
« Moi personnellement si j’ai voté, c’est parce que j’ai su qu’elle est Adja. N’oubliez pas que les Adja sont très riche einn, ils sont dans l’entrepreneuriat » a confirmé un internaute sur sa page facebook.
Angèle Eyou : Première dauphine en 2024
Pour beaucoup, son élection devient un message : les Adja sont des Togolais à part entière, fortement implantés dans la région des Plateaux et la préfecture du Moyen-Mono, même s’il existe aussi une communauté Adja au Bénin.
Déjà première dauphine à Miss Togo 2024, Angèle Prudence Eyou incarne aussi l’une des valeurs clés de sa communauté : la détermination. Une valeur transmise dès l’enfance, qui enseigne que rien n’est donné et que chacun doit tracer son propre chemin. Sa victoire prouve qu’il faut parfois accepter l’échec pour mieux rebondir.