Au Togo, le cancer du sein est l’un des plus meurtriers. Sur 973 cas recensés en 2022, 524 femmes ont perdu la vie. La gynécologue-obstétricienne Dr Kétévi Ayoko Tina a informé mercredi sur les risques de la maladie et inciter la population au dépistage.
L’édition 2025 du Yas FIMO 228 a démarré depuis mercredi à Lomé. Pour marquer les esprits dès l’ouverture, le festival a donné la parole à des experts qui ont sensibilisé, informé et inciter au dépistage à grande échelle.
Ces chiffres représentent un taux de mortalité alarmant de 54 %, un chiffre qui souligne l’urgence d’agir. Et contrairement à une idée répandue, ce type de cancer n’épargne pas les hommes. Eux aussi peuvent en être victimes, même si les cas restent plus rares.
Les facteurs de risques du cancer de sein
Le cancer du sein ne frappe pas au hasard. Selon Dr Kétévi, plusieurs facteurs de risque sont désormais bien identifiés. L’âge est l’un des principaux : les femmes de plus de 50 ans sont les plus concernées.
Cependant, d’autres éléments entrent en jeu, comme les antécédents familiaux (mère, sœur ou fille atteinte), des mutations génétiques, ou encore des menstruations précoces (avant 12 ans) ou une ménopause tardive (après 55 ans).
Le mode de vie joue également un rôle crucial. La consommation excessive d’alcool, l’obésité, la sédentarité, le stress chronique, une alimentation trop grasse, le tabac ou encore le travail de nuit augmentent considérablement les risques. Certaines situations hormonales sont également à risque : traitements prolongés à base d’œstrogènes, absence d’allaitement ou premières grossesses tardives (après 30 ans).
Des signes à ne jamais ignorer
Le cancer du sein peut se manifester par des symptômes visibles. Le plus courant : une boule dure dans le sein, souvent indolore. D’autres signes doivent alerter, comme un changement de taille ou de forme du sein, une rougeur, une peau qui devient granuleuse (aspect peau d’orange), un écoulement anormal du mamelon (parfois sanglant), ou encore une douleur persistante. Même un simple changement d’aspect du mamelon ou un gonflement sous l’aisselle peut être un indice. L’essentiel, c’est de ne rien minimiser.
Comment prévenir cette maladie ?
Adopter une bonne hygiène de vie est une première défense. Faire du sport, limiter l’alcool, maintenir un poids stable et allaiter lorsque c’est possible réduisent les risques. Mais la vigilance personnelle est tout aussi capitale : chaque femme doit apprendre à bien connaître son corps, à observer ses seins et à consulter au moindre doute.
À partir de 50 ans, la mammographie tous les deux ans est recommandée. Et pour celles qui ont des antécédents familiaux, le suivi peut débuter encore plus tôt.
« Face à cette réalité, notre responsabilité est de renforcer les stratégies de prévention et de prise en charge, mais aussi de faire changer les mentalités pour faire du dépistage un réflexe tout à fait naturel et non un tabou », a plaidé le professeur Mofou Belo, neurologue. Selon lui, nous devons tous nous mobiliser pour cette cause vitale et nationale.
L’auto-palpation du sein, une arme qui peut aussi sauver
Aussi appelée auto-examen des seins, est une méthode simple que chaque femme peut pratiquer régulièrement pour détecter elle-même toute anomalie ou changement dans ses seins. Ce geste de prévention ne remplace pas un examen médical, mais il peut aider à repérer tôt les signes du cancer du sein.
L’idéal est de la faire une fois par mois, quelques jours après les règles (environ 7 à 10 jours après le début des menstruations), lorsque les seins sont moins sensibles. Pour les femmes ménopausées, il est conseillé de choisir un jour fixe chaque mois pour ne pas oublier.
Loin d’être un simple événement esthétique, Yas FIMO 228 s’impose comme un espace d’engagement citoyen. En liant l’univers de la mode à une question de santé publique aussi cruciale, les organisateurs veulent provoquer une prise de conscience collective. Conférences, témoignages, expositions et défilés se succédent avec un mot d’ordre : informer pour sauver des vies.