L’Office togolais des recettes (OTR) a lancé, le 22 janvier à Lomé, une vaste campagne nationale de sensibilisation autour des nouvelles dispositions de la loi de finances 2026. À travers cette initiative, l’administration fiscale entend lever les zones d’ombre qui entourent le budget de l’État et faciliter la compréhension des réformes par les contribuables et les acteurs économiques.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la fiscalité demeure un sujet sensible. Pour l’OTR, il ne s’agit plus seulement de collecter l’impôt, mais aussi d’expliquer son utilité, ses mécanismes et les ajustements opérés pour répondre aux réalités économiques et sociales du pays.
Un budget orienté vers l’équité fiscale
Pour l’exercice 2026, le budget de l’État est arrêté à 2 751,5 milliards FCFA, dont 1 338,86 milliards FCFA de recettes fiscales. Selon le directeur de la communication et des services aux usagers de l’OTR, Konlani Kampatibe, ce cadre budgétaire prend en compte les préoccupations issues du dialogue social et vise un meilleur équilibre entre les exigences de mobilisation des ressources et la justice fiscale.
L’un des axes majeurs de cette loi de finances reste l’élargissement de l’assiette fiscale, afin de réduire la pression sur les contribuables déjà en règle tout en intégrant de nouveaux segments jusque-là peu ou pas imposés.
Des mesures ciblées pour soutenir l’économie
Parmi les mesures phares, plusieurs dispositions fiscales ont été reconduites, notamment la taxe de prélèvement de l’Union africaine. Le gouvernement a également décidé de réduire de 50 % les droits de douane sur le gasoil destiné aux engins industriels non routiers, une mesure destinée à alléger les charges des entreprises évoluant dans les secteurs productifs.
La loi de finances 2026 introduit aussi un régime fiscal dérogatoire en faveur des entreprises en difficulté engagées dans des processus de restructuration. L’objectif est de préserver l’activité économique et l’emploi, tout en offrant un cadre fiscal plus souple à ces structures.
Jeux de hasard et inclusion sociale dans le viseur
Dans la dynamique d’élargissement de l’assiette fiscale, les gains issus des jeux de hasard sont désormais imposables à partir de 500 000 FCFA. Par ailleurs, la durée de détermination d’un établissement stable est ramenée de six à trois mois, une mesure visant à mieux encadrer certaines activités économiques.
Sur le plan social, l’État renforce les incitations en faveur de l’inclusion avec l’instauration d’un crédit d’impôt de 120 000 FCFA accordé aux entreprises qui recrutent des personnes en situation de handicap.
Finances 2026 : Un effort fiscal assumé par l’État
Les exonérations fiscales prévues pour 2026 sont évaluées à 242,7 milliards FCFA, traduisant la volonté des pouvoirs publics de soutenir la compétitivité des entreprises tout en favorisant l’inclusion sociale et économique.
Au-delà des chiffres et des textes, la campagne de sensibilisation engagée par l’OTR marque une volonté claire de rapprocher la politique budgétaire des citoyens. En misant sur la vulgarisation et la pédagogie fiscale, l’administration espère renforcer la transparence, améliorer l’adhésion aux réformes et consolider la confiance entre l’État et les contribuables.