Le Togo veut s’imposer comme un hub logistique en Afrique de l’Ouest. Une ambition partagée par les autorités et les acteurs du secteur, mais confrontée à plusieurs défis. Ces enjeux ont été évoqués par Kwami Dzidula Nyazozo, président de l’Association Togolaise de la Logistique, à l’occasion de la Semaine de la logistique et de la supply chain, actuellement en cours à Lomé.
Le pays dispose pourtant d’importants atouts. Le Port de Lomé est le seul port en eau profonde de la sous-région. Il accueille des navires de grande capacité et joue un rôle stratégique dans le transbordement. Le Togo compte également un aéroport international performant et une Plateforme industrielle d’Adétikopé dotée d’un port sec. À cela s’ajoute un réseau de services logistiques de plus en plus opérationnel.
Malgré ces infrastructures, la performance globale du système logistique reste freinée par un manque de coordination entre les différentes composantes du secteur. Le défi majeur est celui de l’interopérabilité. Il s’agit de faire communiquer efficacement les systèmes, les plateformes et les institutions impliquées dans la chaîne logistique.
Aujourd’hui, chaque infrastructure fonctionne, mais souvent de manière isolée. Cette absence de synergie limite la fluidité des opérations, allonge les délais et augmente les coûts. Pour renforcer la compétitivité du corridor togolais, une meilleure intégration des actions est indispensable.
Selon Kwami Dzidula Nyazozo, président de l’Association Togolaise de la Logistique, l’enjeu est désormais de créer une chaîne logistique cohérente et intégrée. Cela passe par l’harmonisation des procédures, la digitalisation des échanges et une coordination renforcée entre les acteurs publics et privés.
C’est dans ce contexte que la Semaine de la Logistique a été initiée. Elle se veut un cadre de dialogue et de réflexion sur les solutions concrètes à mettre en place. L’objectif est de favoriser les échanges d’expériences, d’identifier les blocages et de proposer des pistes pour une meilleure intégration du système logistique national.
Au-delà des infrastructures, le défi est aussi organisationnel et stratégique. La réussite du Togo comme hub logistique dépendra de sa capacité à connecter efficacement ses plateformes, à fluidifier ses corridors et à offrir des services fiables et compétitifs aux opérateurs économiques de la sous-région.
Pour les acteurs du secteur, l’avenir de la logistique togolaise se joue désormais dans la coopération, l’intégration et la mise en synergie des forces existantes. C’est à ce prix que le pays pourra pleinement tirer parti de ses atouts et consolider sa place sur l’échiquier logistique régional.