Lomé s’apprête à accueillir, du 17 au 19 décembre 2025, la Semaine de la Logistique et de la Supply Chain (SLSC). L’événement est organisé par l’Association Togolaise pour la Logistique (ATLOG). Cette rencontre intervient dans un contexte symbolique particulier, marqué par les 10 ans d’existence de l’ATLOG, mais aussi par l’ambition affirmée du Togo de consolider sa place de hub logistique régional en Afrique de l’Ouest.
- Une semaine pour structurer un secteur clé de l’économie
- Le Port de Lomé, moteur de la stratégie logistique
- 3 jours de réflexions et d’actions concrètes
- La Nuit des Logisticiens, un espace de dialogue renforcé
- Une opportunité pour l’emploi et la formation des jeunes
- Un événement aligné sur la vision nationale
Pendant trois jours, la capitale togolaise deviendra un véritable centre de convergence pour les acteurs publics et privés du secteur logistique. Responsables institutionnels, opérateurs portuaires et aéroportuaires, entreprises de transport, logisticiens, experts, universitaires, investisseurs et jeunes professionnels sont attendus pour réfléchir ensemble aux défis et perspectives de la logistique et de la Supply Chain au Togo.
Une semaine pour structurer un secteur clé de l’économie
Placée sous le thème « Une logistique dématérialisée, intégrée et durable au Port de Lomé : états des lieux et perspectives », la SLSC 2025 vise à renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne logistique nationale. L’enjeu est de taille. La logistique constitue aujourd’hui l’un des piliers de la compétitivité économique, du commerce régional et de l’intégration sous-régionale.
Selon l’ATLOG, il ne suffit plus de disposer d’infrastructures modernes pour s’imposer comme hub logistique. La performance repose désormais sur l’efficacité des procédures, la digitalisation des services, la fluidité des corridors, la formation des ressources humaines et la capacité à intégrer tous les acteurs dans une vision commune.
Le Port de Lomé, moteur de la stratégie logistique
Au cœur des discussions figure le Port autonome de Lomé, véritable locomotive de la logistique togolaise. En 2024, le port a enregistré un trafic global de plus de 30 millions de tonnes et un trafic conteneurisé avoisinant 2 millions d’EVP, plaçant Lomé parmi les ports les plus dynamiques de la sous-région ouest-africaine.
À titre de comparaison, le port d’Abidjan a traité environ 1,6 million d’EVP, celui de Tema près de 1,7 million, tandis que Dakar a enregistré autour de 880 000 EVP. Ces chiffres illustrent l’intensité de la concurrence régionale, mais confirment également la position stratégique du Togo dans le paysage logistique ouest-africain.
Grâce à son statut de port en eau profonde, à sa fonction de transbordement et à son ouverture vers les pays de l’hinterland, le Port de Lomé constitue un atout structurel majeur. La SLSC entend précisément réfléchir aux moyens de transformer cet avantage en leadership durable, à travers une meilleure intégration des chaînes logistiques maritime, terrestre et aérienne.
3 jours de réflexions et d’actions concrètes
La Semaine de la Logistique et de la Supply Chain se déroulera selon un programme structuré sur trois journées thématiques. La première journée sera consacrée à la digitalisation et à la gouvernance logistique, avec un accent particulier sur la dématérialisation des procédures, la modernisation des services douaniers et l’amélioration de la transparence.
La deuxième journée portera sur la performance logistique, la connectivité régionale et la durabilité. Les échanges aborderont notamment la fluidité du corridor Lomé–hinterland, la réduction des coûts logistiques, la modernisation des infrastructures de soutien et la prise en compte des enjeux environnementaux dans les chaînes d’approvisionnement.
La troisième journée sera dédiée à la jeunesse et à la formation, un axe central pour l’ATLOG. Conférences métiers, rencontres professionnelles, visites du Port de Lomé et de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) permettront aux jeunes de mieux comprendre les opportunités offertes par un secteur en pleine expansion.
La Nuit des Logisticiens, un espace de dialogue renforcé
La SLSC 2025 s’achèvera par la deuxième édition de la Nuit des Logisticiens, après une première expérience organisée en décembre 2024. Cette rencontre vise à instaurer un cadre de dialogue permanent entre acteurs publics et privés, afin de favoriser la concertation, la coopération et la recherche de solutions communes.
Lors de la première édition, les discussions avaient permis de dégager plusieurs priorités, notamment la modernisation des infrastructures, la digitalisation, la simplification des procédures et la réduction des coûts logistiques. La tenue annuelle de ce rendez-vous traduit la volonté des acteurs du secteur de suivre les progrès accomplis et d’accélérer les réformes.
Une opportunité pour l’emploi et la formation des jeunes
Au-delà des enjeux économiques, la logistique et la Supply Chain représentent un important gisement d’emplois pour les jeunes togolais. Ces métiers interviennent dans des secteurs variés, allant du commerce à l’industrie, en passant par l’agriculture, l’e-commerce et les services.
Selon les experts, une Supply Chain bien structurée permet également de réduire les pertes post-récolte, de valoriser la production agricole locale et de renforcer les revenus des producteurs. La SLSC ambitionne ainsi de rapprocher le monde académique des entreprises, afin d’adapter les formations aux besoins réels du marché.
Un événement aligné sur la vision nationale
La tenue de la Semaine de la Logistique et de la Supply Chain s’inscrit pleinement dans la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, qui ambitionne de faire du Togo une plateforme logistique et de services de référence en Afrique de l’Ouest. Port maritime, aéroport international Gnassingbé Eyadéma, plateforme industrielle d’Adétikopé et corridor vers l’hinterland constituent les piliers de cette stratégie.
Pour l’ATLOG, l’enjeu est désormais de faire fonctionner ces infrastructures comme un système intégré, capable de capter des flux régionaux et internationaux, d’attirer les investissements et de soutenir la croissance économique.