Plus de la moitié des ménages agricoles au Togo travaillent sur des superficies très réduites, égales ou inférieures à 2 hectares. C’est ce que révèlent les 1ers résultats du 5ᵉ Recensement national agricole (RNA-5), présenté récemment dans plusieurs préfectures du pays, notamment dans les Lacs et à Agoé-Nyivé.
Cette réalité structurelle met en lumière un enjeu majeur pour l’agriculture togolaise : le morcellement excessif des terres, qui limite fortement les capacités de production, d’investissement et de mécanisation. Pour les autorités, c’est un signal fort de la nécessité de repenser l’organisation foncière et les politiques d’aménagement rural.
Des exploitations trop petites pour se développer
Avec 57 % des exploitants agricoles confinés à deux hectares ou moins, l’agriculture togolaise repose essentiellement sur des activités de subsistance. Cette taille réduite ne permet ni une production excédentaire, ni une vraie rentabilité économique. Les producteurs, souvent des familles rurales, travaillent à la main, sans moyens techniques suffisants pour améliorer les rendements ou résister aux aléas climatiques.
Selon les données du recensement, seulement 6,24 % des agriculteurs utilisent des tracteurs, et l’irrigation demeure marginale (4 %), ce qui confirme le faible niveau de modernisation du secteur.
Un frein à la transformation du secteur agricole
Dans un contexte où le gouvernement mise sur l’agriculture pour assurer la sécurité alimentaire et créer de l’emploi, cette fragmentation des terres pose un véritable défi. Les petites superficies ne permettent pas d’exploiter les économies d’échelle, ni d’intégrer les chaînes de valeur agricoles, ni d’accéder aux marchés.
Pour les experts, la solution passe par une réorganisation des exploitations, une meilleure sécurisation foncière, mais aussi par l’encadrement des producteurs pour une utilisation plus productive des petites surfaces. Cela pourrait inclure des cultures à haute valeur ajoutée, l’introduction de pratiques agroécologiques, ou encore la mutualisation des équipements entre agriculteurs.
Un appel à des politiques ciblées
Le recensement agricole en cours, mené par le ministère de l’Agriculture, est conçu comme un outil stratégique pour orienter les politiques publiques. Il doit permettre d’identifier les besoins réels des exploitants, de mieux cibler les investissements et de favoriser la résilience des petits producteurs face aux défis économiques et climatiques.
La seconde phase du recensement, actuellement en cours, devrait approfondir ces données en intégrant les activités d’élevage, de pêche et d’arboriculture.