Réunis à Lomé depuis hier, les députés du Parlement de la CEDEAO examinent un levier trop souvent négligé de l’intégration régionale : le transport aérien. En lançant la deuxième réunion délocalisée de sa Commission mixte (Infrastructures, Énergie, Agriculture, Environnement), l’institution entend faire du ciel ouest-africain un vecteur de croissance plutôt qu’un frein à la mobilité.
Au cœur des échanges : le tarif élevé des billets d’avion dans la sous-région. Un obstacle majeur pour les échanges commerciaux, le tourisme, les investissements et même la coopération politique. « On ne peut parler de croissance régionale sans accessibilité », a souligné la présidente du Parlement de la CEDEAO, Mémounatou Ibrahima, lors de la cérémonie d’ouverture.
Elle a rappelé que la multiplicité des redevances (fiscales, sécuritaires et commerciales) alourdit les coûts, au détriment des populations et des entreprises. Ces charges, si elles soutiennent les budgets nationaux, brident néanmoins la dynamique économique communautaire.
Transport aérien : Un potentiel inexploité
Le paradoxe est criant : plus de 400 millions d’habitants, un potentiel économique immense, mais des vols inter-États moins accessibles que ceux reliant l’Europe ou l’Asie. Ayao Dzreke, représentant du Parlement togolais, parle d’un « frein à la cohésion économique et sociale » dans un espace pourtant en quête de compétitivité mondiale.
Cette réunion s’inscrit dans la mise en œuvre de la Vision 2050 de la CEDEAO. Elle vise à poser les bases d’une réforme structurelle du transport aérien : harmonisation des taxes, régulation tarifaire, et soutien à la création de compagnies régionales viables.
Des recommandations sont attendues à l’issue des travaux pour faire du ciel ouest-africain un espace économique stratégique, au service d’une intégration durable et inclusive.