Le Parlement européen a validé, le 10 février 2026, une réforme majeure du système d’asile de l’Union européenne (UE). Au cœur de ce nouveau dispositif : la création possible de « centres de retour » dans des pays tiers pour accélérer l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés.
Le texte adopté permet désormais aux États membres de conclure des accords bilatéraux avec des pays extérieurs à l’Union afin d’y installer des centres de retour. Ces structures accueilleront des migrants dont les demandes d’asile ont été rejetées, le temps d’organiser leur renvoi.
Cette approche s’inspire notamment du projet porté par l’Italie avec l’Albanie, qui prévoit l’externalisation du traitement de certains dossiers migratoires. Selon les partisans de la réforme, ces centres permettront de désengorger les systèmes nationaux et d’accélérer les procédures d’expulsion.
UE : Élargissement des pays dits “sûrs”
La réforme prévoit également d’élargir la liste des pays considérés comme « sûrs ». Des États comme l’Égypte ou la Tunisie pourraient ainsi être classés comme destinations possibles de renvoi, même en l’absence de lien préalable entre le demandeur et le pays concerné.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l’asile, qui vise à renforcer le contrôle des flux migratoires et à limiter les arrivées irrégulières.
Les défenseurs du texte estiment que ces nouvelles règles permettront de lutter contre les réseaux de passeurs et de mettre fin aux procédures jugées trop longs. Un système plus rapide et plus strict serait, selon eux, dissuasif.
De fortes critiques des ONG
Mais la création de centres de retour hors de l’Union européenne suscite de vives inquiétudes. Des organisations comme Amnesty International alertent sur le risque de violations des droits humains, notamment le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle pourrait être persécutée.
Certaines voix au sein même du Parlement européen mettent en garde contre une politique migratoire qui pourrait affaiblir les valeurs fondamentales de l’Union.
Un contexte international plus restrictif
Cette réforme intervient dans un climat mondial marqué par un durcissement des politiques migratoires. Aux États-Unis, l’administration de Donald Trump a suspendu, depuis le 21 janvier 2026, la délivrance de visas d’immigration permanente pour les ressortissants de 75 pays, dont 26 pays africains.
L’Europe, à son tour, semble opter pour une stratégie plus ferme, avec l’externalisation partielle de la gestion des retours.