Aujourd’hui, un employé peut réclamer son salaire, prendre un congé ou rejoindre un syndicat. Mais il y a quelques décennies, certaines conditions de travail pouvaient aller beaucoup plus loin. Voici 10 pratiques qui montrent jusqu’où certains employeurs contrôlaient la vie de leurs salariés.
Quand on parle de conditions de travail difficiles, on pense souvent aux longues journées ou aux petits salaires. Pourtant, l’histoire du travail révèle des règles encore plus surprenantes. Certaines entreprises contrôlaient même la vie privée de leurs employés. D’autres imposaient des restrictions liées au mariage, à la grossesse ou aux syndicats. Voici 10 exemples.
1. Votre patron pouvait contrôler votre vie à la maison
En 1914, Ford avait créé un département chargé de surveiller certains aspects de la vie de ses employés. Des enquêteurs pouvaient se rendre à leur domicile, vérifier leurs conditions de vie et même consulter certaines informations financières.
Cette surveillance était liée notamment au système de rémunération de 5 dollars par jour mis en place par l’entreprise.
2. Se marier pouvait vous faire perdre votre emploi
Aux États-Unis et dans plusieurs pays occidentaux, des « marriage bars » interdisaient à certaines femmes mariées de travailler dans certaines professions.
Dans l’enseignement et la fonction publique britannique, ces restrictions ont notamment existé jusqu’aux années 1940.
3. Une grossesse pouvait entraîner une mise à l’écart
Dans certaines entreprises, les travailleuses enceintes étaient contraintes de quitter leur poste. Dans l’aviation américaine, des compagnies imposaient par exemple des congés non rémunérés aux hôtesses dès qu’elles étaient enceintes.
Un jugement concernant Pan Am a documenté cette pratique.
4. Rejoindre un syndicat pouvait vous coûter votre emploi
Certains employeurs faisaient signer aux travailleurs des « yellow dog contracts ». Le salarié s’engageait alors à ne pas rejoindre un syndicat.
Cette pratique a notamment été utilisée dans les régions minières américaines.
5. Votre salaire pouvait être payé dans une monnaie utilisable uniquement chez votre patron
Dans certaines villes minières américaines, les ouvriers recevaient une partie de leur rémunération sous forme de « scrip ».
Cette monnaie ne pouvait être utilisée que dans les magasins de la compagnie. Le travailleur recevait donc son salaire, mais avait peu de liberté sur l’endroit où le dépenser.
6. Les jeunes travailleuses pouvaient aussi avoir un couvre-feu
Au XIXe siècle, les ouvrières des usines textiles de Lowell, aux États-Unis, vivaient souvent dans des logements contrôlés par les entreprises.
Les règles pouvaient imposer un couvre-feu et la fréquentation régulière d’un lieu de culte. Certaines conduites pouvaient même entraîner le licenciement et l’expulsion du logement.
7. Travailler pouvait signifier vivre dans le logement de l’entreprise
À Lowell, les ouvrières devaient généralement résider dans des pensions liées aux entreprises.
Le contrôle ne s’arrêtait donc pas à la porte de l’usine. Le logement et la vie quotidienne faisaient également partie du système de discipline.
8. Les longues journées étaient la norme
Les ouvrières de Lowell travaillaient souvent 12 à 14 heures par jour, avec également une demi-journée le samedi.
À l’époque, la journée de travail très longue faisait partie du quotidien de nombreux travailleurs industriels.
9. Même l’apparence des femmes pouvait être réglementée
Les restrictions vestimentaires ne concernaient pas uniquement les ouvrières. Pendant longtemps, les femmes ont été soumises à de nombreuses normes sociales concernant leurs vêtements et leur apparence au travail.
Le pantalon féminin, par exemple, a longtemps été considéré comme inapproprié dans certains milieux professionnels.
10. Même le poids d’une hôtesse pouvait être pris en compte
Aux débuts de l’aviation commerciale, le poids était une question importante pour la sécurité des avions. Les compagnies pesaient donc parfois les passagers et le personnel navigant.
Dans les années 1930, le poids d’une hôtesse et de son équipement était ainsi pris en compte dans le calcul de la masse de l’avion.
Et les conditions de travail au Togo aujourd’hui ?
Ces pratiques peuvent sembler très éloignées du quotidien des salariés togolais. Pourtant, elles permettent de mesurer le chemin parcouru par le droit du travail.
Au Togo, le Code du travail interdit notamment les discriminations dans l’emploi liées au sexe, à la situation familiale, aux activités syndicales ou à la grossesse. Il protège également la salariée pendant le congé de maternité. Autrement dit, certaines choses que les travailleurs peuvent aujourd’hui considérer comme normales sont en réalité le résultat de décennies d’évolution du monde du travail.
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