Le Togo va bientôt pouvoir exploiter des données issues des satellites fournies par le Kirghizistan. Agriculture, sécheresse, ressources en eau, forêts ou encore minerais, voici ce que ces images pourraient changer.
Le Togo renforce sa coopération dans le domaine spatial. Une collaboration avec le Kirghizistan vient d’être lancée pour permettre à Lomé d’exploiter des données issues de l’observation de la Terre.
Le Togo va accéder à des données des satellites
L’accord intervient alors que le Kirghizistan vient de mettre en orbite son premier satellite national. Celui-ci est capable de produire des images de la surface terrestre. Pour le Togo, ces données doivent surtout servir à mieux suivre certaines activités et ressources sur le terrain.
Les données provenant des satellites pourraient aider à suivre l’état des cultures et des pâturages. Elles pourraient aussi permettre de détecter plus rapidement certains signes de sécheresse, d’estimer les rendements agricoles et de surveiller l’évolution des ressources en eau. Les forêts pourront également être mieux observées. À terme, ces informations issues des satellites pourraient servir dans l’exploration de minéraux stratégiques et dans le développement des énergies renouvelables.
Autrement dit, le satellite ne sera pas directement au-dessus du Togo, mais les données qu’il produit pourront être utilisées pour mieux comprendre ce qui se passe au sol.
Vers de futurs satellites développés avec le Kirghizistan ?
Dans un premier temps, le Kirghizistan doit fournir les données satellitaires au Togo et accompagner la formation de personnels locaux capables de les exploiter. C’est un point important de la coopération. L’enjeu ici est de disposer au Togo de compétences capables de les analyser et de les transformer en informations utiles pour les secteurs concernés.
Cette nouvelle coopération arrive alors que le pays expérimente déjà d’autres solutions basées sur l’observation spatiale. Depuis septembre 2026, un projet soutenu par le PNUD et le Japon utilise notamment des données satellitaires et l’intelligence artificielle pour suivre les cultures et anticiper certains risques climatiques dans les Savanes. L’expérimentation couvre une zone d’environ 1 000 km², notamment dans les préfectures de Cinkassé et de Tône.
La coopération pourrait aller plus loin. Lomé et Bichkek envisagent la possibilité de développer et de lancer ensemble de futurs engins spatiaux. Le Togo pourrait donc progressivement renforcer ses compétences dans un domaine qui reste encore nouveau pour le pays. La ministre de l’Efficacité du Service public et de la Transformation numérique, Cina Lawson, résume l’approche du gouvernement : « l’objectif est surtout de transformer ces technologies en outils utiles pour l’agriculture, la gestion des ressources naturelles et le développement des énergies propres».
Cette coopération spatiale complète par ailleurs un partenariat déjà engagé entre le Togo et le Kirghizistan dans le numérique, notamment autour de la transformation des administrations, de l’e-gouvernement et de la cybersécurité.
