Le réseau social TikTok a annoncé que toutes les vidéos anglophones publiées sur sa plateforme seront désormais passées au crible de ses algorithmes. L’objectif est de vérifier automatiquement leur conformité aux règles de la communauté, une évolution qui s’inscrit dans sa stratégie de modération numérique.
Cette automatisation s’accompagne d’une réduction importante des effectifs humains. Plusieurs centaines de postes ont été supprimés au Royaume-Uni et en Asie. L’entreprise, propriété du groupe chinois ByteDance, justifie cette réorganisation par son plan global d’investissement dans l’intelligence artificielle. Selon TikTok, 85 % des contenus supprimés pour non-respect des règles le sont déjà grâce à l’IA.
En parallèle, certaines missions seront transférées à des bureaux européens ou confiées à des prestataires externes. Les salariés concernés devraient avoir une priorité de réembauche au sein du groupe.
Mais cette stratégie inquiète les experts. Des syndicats, comme le Communication Workers Union au Royaume-Uni, estiment que remplacer l’humain par une technologie encore imparfaite pourrait compromettre la sécurité de millions d’utilisateurs. L’IA peine notamment à identifier les abus, la cruauté et certaines violences extrêmes.
Des postes supprimés par tiktok
La tendance est mondiale. Depuis 2024, TikTok a déjà supprimé des postes aux Pays-Bas, en Malaisie et en Allemagne, où des grèves ont éclaté. En France, environ 500 modérateurs francophones sont encore en poste, mais leur avenir reste incertain.
Ce virage relance le débat sur l’équilibre entre efficacité algorithmique et jugement humain. L’IA offre rapidité et réduction des coûts, mais l’expérience humaine reste essentielle pour traiter les contenus les plus sensibles.