Figure montante de la contestation citoyenne au Togo, Grace Bikoni Koumayi est de nouveau derrière les barreaux. Son arrestation, survenue il y a quelques jours devant ses deux enfants, a déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Mais que lui reprochent réellement les autorités ?
Selon des sources proches du dossier, la Grace Koumayi est accusée d’“incitation à l’insurrection”, une infraction grave souvent utilisée pour faire taire les voix critiques. En cause : ses vidéos devenues virales, tournées dans plusieurs localités du pays (de Pya à Atakpamé, en passant par Hahotoë et Kpomé) où elle dénonçait la misère quotidienne et les expropriations liées à l’exploitation du phosphate.
Dans l’une de ses publications les plus partagées, elle affirmait :
« Le phosphate enrichit l’État, mais appauvrit ceux qui vivent dessus. »
Ce ton direct, souvent tranchant, lui a valu d’être considérée comme une voix trop dérangeante. Ses critiques, notamment à l’encontre du pouvoir en place et de la gestion des ressources naturelles, auraient franchi la “ligne rouge” fixée par les autorités.
Grace Koumayi : De nouveau arrêté
Ce n’est pas la première fois que Grace Bikoni Koumayi est inquiétée. En juin 2025, elle avait déjà été arrêtée lors des manifestations du Mouvement du 6 juin (M66). Détenue plusieurs jours, elle avait dénoncé des conditions de détention « inhumaines et dégradantes ».
Aujourd’hui, son cas relance le débat sur la liberté d’expression au Togo et la surveillance accrue des réseaux sociaux. Plusieurs blogueurs, journalistes et militants ont été convoqués ou arrêtés ces derniers mois pour des publications jugées “provocatrices”.
Pour beaucoup, Grace Bikoni Koumayi incarne désormais le visage d’une parole libre que l’on veut faire taire. En attendant son procès, elle reste silencieuse, mais ses vidéos, elles, continuent de circuler et de rappeler ce qu’elle dénonçait : la réalité d’un pays où parler peut coûter la liberté.