L’arnaque commence toujours par un appel inattendu. À l’autre bout du fil, une voix grave, posée, parfois mystérieuse. L’interlocuteur se présente comme un marabout, un voyant ou un « homme de Dieu ». Son message est direct, troublant. Il affirme qu’une personne proche aurait apporté votre photo pour vous nuire. Maladie, malchance, blocage professionnel ou familial : le danger serait imminent.
La peur s’installe immédiatement. Le discours est soigneusement choisi. L’escroc prétend avoir « vu » votre situation lors d’une consultation spirituelle. Il insiste sur l’urgence. « Si rien n’est fait rapidement, les conséquences seront graves », prévient-il. L’objectif est clair : désarmer psychologiquement la victime.
Le marabout vous demande de l’argent
Vient ensuite la demande d’argent. Le faux marabout explique que seul un rituel peut empêcher le mal. Mais ce rituel a un coût. Parfois, il s’agit de « frais de purification ». D’autres fois, de « sacrifices » ou de « prières spéciales ». Le montant varie selon la réaction de la victime. Plus la peur est grande, plus la somme augmente.
Dans certains cas, l’escroc va plus loin. Il propose de révéler le nom de la personne qui aurait apporté la photo. Mais là encore, il faut payer. Le chantage devient progressif. D’abord une petite somme pour « sécuriser ». Ensuite un autre pour « finaliser le travail ». La victime, déjà engagée, hésite à reculer.
Une fois l’argent envoyé, le piège se referme. Le faux marabout ne disparaît pas immédiatement. Il rappelle. Il invente de nouveaux dangers. Il réclame encore de l’argent pour « renforcer la protection ». Jusqu’au jour où la victime comprend qu’elle a été trompée. L’escroc, lui, a déjà changé de numéro.
Ces arnaques reposent sur une stratégie simple mais efficace : exploiter les croyances, la peur et l’ignorance. Aucune photo n’a été apportée. Aucun rituel n’a été fait. Tout est inventé pour soutirer de l’argent.
La règle est claire : ne pas paniquer, ne pas discuter, ne pas payer. Coupez l’appel. Parlez-en à un proche. Et signalez le numéro. Car dans cette arnaque, la peur est l’arme principale. Et la lucidité, la meilleure protection.
2. Le faux accident
Dans une autre méthode, la victime reçoit un appel dramatique : « Votre frère, votre fils ou votre fille a eu un accident ». La voix à l’autre bout est pressante, presque paniquée. La seule solution, dit-on, est d’envoyer immédiatement de l’argent pour couvrir les frais d’hôpital ou payer les soins.
Pris de court, beaucoup transfèrent l’argent sans vérifier. Le temps de réaction est compté, et les escrocs exploitent cette urgence pour obtenir rapidement des fonds. Le drame est inventé, mais la perte financière est bien réelle.
3. Le faux enlèvement
La troisième méthode joue sur l’angoisse la plus profonde : un proche serait entre les mains de malfaiteurs. La victime reçoit un message ou un appel exigeant une rançon pour libérer la personne en danger. Les détails sont souvent précis : heure, lieu, ou description d’un prétendu ravisseur.
Sous la pression et la peur, certains paient des sommes importantes. Parfois, l’escroc promet de rappeler une fois le paiement effectué, mais la victime ne revoit jamais le « proche ». L’arnaque repose sur la panique et l’urgence fabriquée.
La règle d’or : ne pas céder à la pression
Face à ces stratagèmes, les autorités togolaises et les services financiers appellent à la vigilance. Quelques conseils simples mais essentiels :
- Ne jamais transmettre d’argent sans vérifier la situation.
- Ne jamais communiquer vos codes ou informations personnelles par téléphone.
- En cas d’appel suspect, coupez et vérifiez auprès d’un proche ou d’une source fiable.
- Signalez immédiatement toute tentative de fraude aux services compétents ou à la police.
Au Togo, chaque jour, de nouvelles victimes tombent dans ces pièges. Mais chaque individu vigilant est une barrière supplémentaire. La peur doit être surveillée, non exploitée. Avant de payer, avant de composer, avant de céder, respirez et vérifiez. C’est ainsi que la prudence devient une arme redoutable contre les arnaques téléphoniques.
