La crise frappe durement les filières café et cacao au Togo depuis le début de l’année 2025. En quelques mois, les prix ont perdu plus de la moitié de leur valeur, plongeant producteurs et opérateurs dans une situation critique.
Selon les données présentées à Lomé lors d’une réunion de concertation, le prix du café et du cacao est passé de 5 000 FCFA à environ 2 000 FCFA, soit une baisse de près de 60 %. Cette chute brutale a provoqué un blocage du marché et une accumulation importante de stocks.
Aujourd’hui, plus de 1 500 tonnes de café et cacao sont stockées à travers le pays. Un volume jugé élevé pour l’économie togolaise. Ces produits restent invendus faute de prix attractifs sur le marché international.
Cette situation affecte l’ensemble de la chaîne. Les producteurs voient leurs revenus chuter. Les transformateurs tournent au ralenti. Les exportateurs peinent à écouler les cargaisons.
Une filière dépendante du marché mondial
Le secrétaire général du Comité de coordination pour les filières café et cacao, Enselme Gouthon, pointe la faible capacité de négociation des pays producteurs. Les prix sont largement dictés par les pays consommateurs. La campagne 2024-2025 avait pourtant commencé sur une note positive. Les prix étaient élevés, mais les volumes produits restaient faibles. Cette baisse de la production était liée à plusieurs facteurs.
Le changement climatique a réduit les rendements. Le vieillissement des plantations a aussi pesé sur la production. À cela s’ajoute la chute des volumes dans les grands pays producteurs comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.
Ces déséquilibres ont entraîné une forte instabilité sur le marché international. Une instabilité qui se répercute directement sur les petits pays producteurs comme le Togo.
Ecouler les stocks et limiter les pertes des café et cacao
Dans cette crise, les producteurs restent les plus vulnérables. Avec des prix divisés par deux, beaucoup peinent à couvrir leurs coûts de production. Le manque de concertation entre les acteurs aggrave la situation. Pour Enselme Gouthon, la sortie de crise passe par une meilleure organisation interne. Il appelle chaque maillon de la chaîne à supporter une part de l’effort.
La réunion tenue à Lomé vise à définir une stratégie commune. L’objectif est clair. Trouver des solutions pour écouler les 1 500 tonnes de stocks, réduire les pertes et amorcer une stabilisation progressive des prix.
Même si la conjoncture reste difficile, le secrétaire général du CCFCC se veut confiant. Il évoque une prise de conscience collective et une volonté partagée de défendre les produits togolais sur un marché mondial de plus en plus exigeant.