Les factures papier ou le simple PDF vont progressivement laisser place à un nouveau système au Togo. Avec la facturation électronique certifiée (FEC), les entreprises devront adapter leurs outils et leurs méthodes. L’OTR appelle déjà les opérateurs économiques à se préparer.
La facture telle que les entreprises la connaissent est appelée à évoluer. La facturation électronique certifiée (FEC), introduite par la Loi de finances 2026, se prépare progressivement et devrait modifier la manière dont les entreprises émettent, transmettent et conservent leurs factures.
Le sujet était au cœur de la 11ᵉ édition du Petit-Déjeuner du Patronat, organisée le 10 septembre dernier par le Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo). Près d’une cinquantaine d’opérateurs économiques ont échangé avec l’Office togolais des recettes (OTR) sur les nouvelles exigences du dispositif.
Une facture qui ne sera plus un simple PDF
Avec la FEC, envoyer une facture au format PDF ne suffira plus. La facture devra être certifiée et comporter plusieurs éléments permettant d’en garantir l’authenticité, l’intégrité et la traçabilité.
Parmi ces éléments figurent notamment un QR code, un numéro unique et une empreinte numérique appelée « hash ». Les factures devront également être conservées sous forme électronique pendant dix ans.
L’objectif de l’OTR est de disposer d’informations plus fiables sur les transactions réalisées par les entreprises et de mieux sécuriser la collecte de la TVA et des recettes publiques.
La réforme ne signifie toutefois pas que toutes les entreprises devront abandonner leurs logiciels actuels. Deux configurations sont prévues. Une entreprise pourra utiliser les solutions proposées par l’administration fiscale. Elle pourra également conserver son propre système de facturation, à condition de pouvoir l’interfacer avec la plateforme fiscale dans le respect des conditions prévues.
Dans ce cas, l’entreprise continuera à enregistrer ses opérations dans son propre logiciel. Les données nécessaires seront ensuite transmises à la plateforme fiscale pour permettre la certification avant la délivrance de la facture au client.
L’OTR demande aux entreprises de ne pas attendre
C’est justement sur ce point que la préparation devient importante. L’OTR recommande aux entreprises de commencer par faire l’état des lieux de leurs systèmes de facturation, de vérifier la qualité de leurs données et d’évaluer la compatibilité de leurs outils informatiques avec le futur dispositif.
Les équipes devront également être formées. La réforme ne concernera donc pas uniquement les comptables. Les services commerciaux, financiers, fiscaux, informatiques et de contrôle interne devront eux aussi s’adapter.
Et en cas de problème de connexion ? C’est l’une des questions qui préoccupent déjà les opérateurs économiques. Lors des échanges avec l’OTR, les questions de connectivité et d’indisponibilité de la plateforme ont notamment été soulevées. Les participants ont également évoqué les petites dépenses effectuées auprès de personnes qui ne délivrent pas de facture ainsi que certaines opérations en espèces.
Ces préoccupations montrent que la mise en œuvre de la FEC devra tenir compte des réalités quotidiennes des entreprises. L’OTR a indiqué que le dialogue avec le secteur privé se poursuivra au fur et à mesure du déploiement du dispositif.
La transition ne consistera pas simplement à remplacer le papier par un fichier numérique. Elle touchera les logiciels, les données, les procédures internes et la manière dont les factures sont conservées et transmises.
