Boissons protéinées, barres, yaourts enrichis… Les produits riches en protéines se multiplient. Mais faut-il vraiment chercher à en consommer toujours plus ? Une nouvelle revue scientifique invite à nuancer cette tendance.
Les protéines sont devenues incontournables dans les salles de sport, mais aussi dans les rayons des supermarchés. Elles sont souvent associées à la prise de muscle, à la perte de poids ou encore à une alimentation considérée comme plus saine.
Pourtant, une revue publiée en 2026 dans Cell Press Blue s’intéresse à une autre question : que se passe-t-il lorsque l’organisme reçoit moins de protéines ?
Moins de protéines, certains effets bénéfiques ?
Les chercheurs Bailey A. Knopf et Dudley W. Lamming, de l’Université du Wisconsin-Madison, ont analysé un vaste ensemble de travaux scientifiques consacrés à la restriction des nutriments protéiques et des acides aminés. Leurs travaux montrent que, dans plusieurs modèles expérimentaux, une réduction de l’apport en protéines peut être associée à une amélioration de certains indicateurs métaboliques et à une meilleure santé avec l’âge.
Mais attention : cela ne signifie pas que tout le monde devrait supprimer les aliments riches en protéines.
Les chercheurs s’intéressent notamment au FGF21, une hormone produite davantage lorsque l’apport en nutriments protéiques diminue. Cette hormone participe à la régulation du métabolisme et de l’utilisation de l’énergie. Des travaux menés chez l’animal ont notamment associé l’augmentation du FGF21 à certains effets favorables sur la santé métabolique et la longévité.
Les chercheurs soulignent toutefois que les résultats obtenus chez les animaux ne peuvent pas être transposés automatiquement à l’être humain.
La revue porte également sur trois acides aminés essentiels : la méthionine, l’isoleucine et la valine. Selon les travaux analysés, la restriction de certains de ces acides aminés reproduit chez l’animal une partie des effets observés avec une réduction globale des protéines, notamment sur le métabolisme et certains mécanismes liés au vieillissement.
Alors, faut-il manger moins de nutriments ? Pas forcément. Les nutriments protéiques restent indispensables au fonctionnement de l’organisme. Elles participent notamment au maintien et au développement des muscles. Les besoins peuvent aussi varier selon les personnes et les périodes de la vie. Une personne très active n’aura pas nécessairement les mêmes besoins qu’une personne sédentaire.
L’enjeu n’est donc pas simplement de choisir entre « beaucoup de protéines » et « peu de protéines ».
Le problème du « toujours plus »
C’est surtout cette idée que les chercheurs invitent à questionner. Multiplier les boissons, barres ou autres produits enrichis en protéines ne signifie pas automatiquement que l’alimentation devient meilleure. La quantité nécessaire dépend de plusieurs facteurs, notamment de l’âge, de l’activité physique et de l’état général de la personne.
Une alimentation équilibrée permet déjà d’apporter des nutriments protéiques à travers différents aliments : poisson, viande, œufs, produits laitiers, légumineuses, noix et autres aliments. Les produits spécifiquement enrichis en protéines peuvent avoir leur utilité dans certaines situations, mais leur consommation n’est pas forcément nécessaire pour tout le monde.
La revue ne dit donc pas « les protéines sont mauvaises ». Elle remet plutôt en question l’idée selon laquelle augmenter systématiquement son apport en protéines serait forcément bénéfique pour la santé et la longévité.
La question à se poser est plutôt simple : de quelle quantité de nutriments protéiques ai-je réellement besoin ? Et comme les besoins ne sont pas les mêmes pour tout le monde, la réponse dépend de la situation de chaque personne.
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