La lutte contre la traite des humains franchit une nouvelle étape au Togo. Un atelier de restitution, de validation et de planification opérationnelle s’est tenu du 30 septembre au 1er octobre 2026 à Lomé. La rencontre s’inscrit dans le cadre du projet régional PROTECT, « Prévenir la traite des êtres humains par le Renforcement Opérationnel, le Transfert de savoir-faire et de compétences, l’Échange entre partenaires et la Coopération Transfrontalière ».
Le projet bénéficie d’un financement de 8 millions d’euros, soit environ 5,25 milliards de FCFA, mobilisé par l’Agence française de développement (AFD) pour les pays concernés.
Consacré à la lutte contre la traite des êtres humains, le projet PROTECT couvre cinq pays prioritaires d’Afrique de l’Ouest : le Togo, le Bénin, la Guinée, le Nigeria et la Sierra Leone. Une composante régionale associe également la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Liberia.
Mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes, le projet s’étend sur quatre ans. Il vise à renforcer les capacités des acteurs, améliorer la réponse pénale et mieux protéger les victimes.
Traite des humains : 5 grands axes
Le projet repose sur cinq principales composantes. La première concerne le renforcement de la coordination institutionnelle. La deuxième porte sur la chaîne pénale, notamment les mécanismes permettant de mieux poursuivre les auteurs de traite.
La prévention et la protection des victimes constituent le troisième axe. Le quatrième concerne la coopération transnationale, particulièrement importante face à un phénomène qui dépasse les frontières. Enfin, le cinquième axe porte sur la gestion des données.
« Le projet vise à prévenir la traite des êtres humains à travers le renforcement des capacités, le partage d’expériences et la coopération transnationale. Il s’appuie sur cinq composantes majeures, allant de la coordination institutionnelle à la gestion des données, afin de renforcer durablement la lutte dans les pays concernés », explique Modeste Krah, chef du projet PROTECT.
À Lomé, l’atelier de deux jours marque une étape importante dans la mise en œuvre du projet. Les participants examinent trois études réalisées en amont.
La première analyse la situation de la traite des personnes et ses différentes formes. La deuxième porte sur le fonctionnement de la chaîne pénale et les difficultés rencontrées dans la lutte contre ce phénomène. La troisième s’intéresse à la prise en compte du genre dans les dispositifs existants.
Ces travaux doivent permettre d’identifier les besoins du Togo et de définir des actions adaptées.
« Nous sommes aujourd’hui à l’étape du Togo pour finaliser les actions déjà réalisées. Les conclusions et recommandations des études doivent nous permettre, avec les acteurs nationaux, de définir un plan d’action spécifique au Togo, adapté à ses besoins réels et capable de produire des résultats durables », précise Modeste Krah.
Les discussions réunissent notamment la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes, des représentants des ministères, des partenaires techniques, des organisations de la société civile et d’autres acteurs concernés.
Le numérique : un nouvel enjeu
Le projet accorde également une attention particulière au genre et au numérique. Selon les responsables du projet, les réseaux de traite utilisent de plus en plus les outils numériques pour faciliter leurs activités. La lutte doit donc également s’adapter à cette évolution, notamment dans la prévention, l’identification des victimes, les enquêtes et la coopération entre les pays.
Pour l’AFD, le financement doit permettre de renforcer les dispositifs déjà engagés au Togo et dans les autres pays bénéficiaires.
« L’AFD finance le projet à hauteur de 8 millions d’euros pour les cinq pays concernés. Il y a une composante importante pour le Togo, avec l’objectif de renforcer la chaîne pénale et de prendre en compte le genre, afin de poursuivre le chemin déjà engagé par le pays dans la lutte contre la traite », souligne Benjamin Neumann, directeur de l’AFD au Togo.
À l’issue de l’atelier, les acteurs attendent donc un cadre d’action plus précis pour le Togo. L’objectif est de transformer les résultats des études en mesures concrètes dans la prévention, la protection des victimes, la réponse judiciaire, la coopération transfrontalière et la gestion des données.
Le financement de 8 millions d’euros, soit environ 5,25 milliards FCFA, doit ainsi accompagner cette dynamique à l’échelle régionale pendant les quatre années du projet.
Pour mieux vous servir, economiknews.com devient Toutbusiness.tg
