Dans les prochaines semaines, le Fonds Monétaire International (FMI) conduira une mission d’évaluation approfondie de la gouvernance économique au Togo. Cette mission, prévue dans le cadre de la Facilité Élargie de Crédit (FEC), intervient un an après l’octroi d’un financement de 390 millions de dollars destiné à soutenir les réformes macroéconomiques du pays.
Dans un contexte de crise sociale et de tensions politiques, plusieurs voix issues de la société civile togolaise appellent à ce que cet audit soit mené avec la plus grande rigueur.
Le front « Touche Pas À Ma Constitution », qui regroupe des acteurs engagés dans la défense des droits démocratiques et de la transparence, estime que cette mission doit répondre aux attentes du peuple togolais en matière de bonne gestion, de justice fiscale et d’équité dans la distribution des ressources.
Le Togo reste confronté à un endettement élevé. Sur les 15 000 milliards de francs CFA empruntés ces 2 dernières décennies, plus de 4 000 milliards restent à rembourser.
Une situation qui suscite des interrogations, notamment sur l’efficacité de l’allocation des ressources publiques, dans un pays où les infrastructures et les services de base ne semblent pas refléter les investissements annoncés.
Des recommandations faites au FMI
Le front citoyen formule une série de recommandations à l’adresse du FMI. Il demande, entre autres, la publication intégrale des rapports d’audit, l’indépendance des experts missionnés, et l’implication des parties prenantes non gouvernementales, comme les organisations de la société civile, les médias, les syndicats ou encore la diaspora.
Il insiste également sur la nécessité d’examiner des secteurs jugés sensibles : marchés publics, entreprises d’État, processus de privatisation, mécanismes de contrôle, et transparence budgétaire.
En parallèle, les acteurs citoyens souhaitent que l’audit prenne en compte des dimensions plus larges de la gouvernance, comme l’accès à l’information, la liberté d’expression, la justice fiscale et les droits humains.
Des préoccupations également soulevées dans des rapports antérieurs des Nations Unies, qui ont alerté sur les restrictions de l’espace civique au Togo.
Alors que la gouvernance économique devient un sujet central dans le dialogue entre les États et leurs partenaires, l’audit du FMI représente une opportunité stratégique pour le Togo.
Il s’agit, pour les autorités, de faire la preuve de leur engagement en faveur de la transparence et de la redevabilité.
Pour la population, c’est l’occasion de réclamer des réponses sur l’utilisation des ressources nationales, et d’espérer un redressement fondé sur l’équité, l’efficacité et la confiance.