« L’Eco », un projet de monnaie unique porté par la CEDEAO depuis près de 30 ans, divise profondément l’Afrique de l’Ouest. Alors que 8 pays francophones prévoient d’adopter l’Eco d’ici 2027, 5 nations anglophones s’opposent à cette transition. Ces derniers estiment que la monnaie ne respecte pas les engagements pris au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
L’Afrique de l’Ouest représente environ 400 millions d’habitants, mais les visions économiques divergent. Les pays francophones (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), majoritairement arrimés au franc CFA depuis plus de 75 ans, veulent rompre avec la tutelle française. En revanche, les anglophones (Nigeria, Ghana, Liberia, Sierra Leone et Gambie), menés par le Nigeria dénoncent une réforme de façade. Ils estiment que la nouvelle monnaie, toujours adossé à l’euro, ne garantit pas une souveraineté monétaire réelle.
Avec 220 millions d’habitants et 70 % du PIB de la CEDEAO, le Nigeria craint que la monnaie « Eco » ne favorise les économies déjà intégrées au franc CFA, au détriment d’une véritable monnaie régionale. Accusant les francophones d’avoir avancé sans concertation, Abuja freine toute adoption tant que les conditions d’une réelle autonomie monétaire ne sont pas réunies.
L’Eco : Un projet toujours dans l’impasse
Entre tensions politiques et intérêts économiques divergents, la nouvelle monnaie en marche peine à voir le jour. Malgré plusieurs échéances repoussées, la sous région n’a toujours pas trouvé de consensus sur l’avenir de cette monnaie censée unifier 15 pays et faciliter les échanges dans un marché régional pesant plus de 700 milliards de dollars.