L’internet mobile progresse au Togo, mais l’expérience vécue par les utilisateurs reste loin d’être optimale. C’est ce qui ressort de l’analyse de la qualité d’expérience menée en 2024 par l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP), rendue publique le lundi 28 avril 2025.
Malgré des avancées notables sur les plans techniques, notamment en matière de couverture 4G et de débits descendants, les attentes des usagers sont encore largement insatisfaites, en particulier pour la navigation web et les débits montants.
Deux opérateurs se partagent le marché national : Moov Africa Togo (MAT) et YAS, filiale du groupe Axian. L’étude, fondée sur cinq indicateurs clés (débit descendant, débit montant, latence, navigation web et streaming YouTube), révèle une domination globale de Moov, qui obtient un score de 64,865 points, contre 62,148 pour YAS.
Tous deux s’illustrent positivement sur les performances vidéo (YouTube), la latence et les débits descendants, mais leurs résultats sont jugés médiocres dès lors qu’il s’agit de naviguer sur le web ou d’envoyer des fichiers.
L’internet à l’ère d’interactions complexes
Ces faiblesses sont particulièrement problématiques dans un contexte où l’usage d’internet évolue vers des interactions plus complexes : télétravail, visioconférences, stockage en cloud, services numériques.
Les utilisateurs réclament désormais plus qu’un bon débit descendant : ils attendent une expérience fluide, stable et réactive, ce que les réseaux actuels ne garantissent pas suffisamment, selon les observations de l’ARCEP.
Au niveau régional, les opérateurs togolais s’en sortent relativement bien. Dans l’espace UEMOA, Moov et YAS se hissent respectivement aux 2ᵉ et 4ᵉ places sur 16 opérateurs évalués.
Sur le continent africain, Moov occupe la 8ᵉ place tous réseaux confondus et la 3ᵉ pour la 4G, tandis que YAS arrive 12ᵉ au classement général et 6ᵉ pour la 4G.
Des résultats que l’ARCEP qualifie d’ »encourageants », tout en appelant les deux opérateurs à une mobilisation renforcée pour combler les lacunes identifiées.
“Il est essentiel de poursuivre les efforts afin de se rapprocher des meilleures performances observées en Afrique et dans le monde”, souligne le régulateur, insistant sur l’importance de placer l’usager au centre des priorités.
Dans un pays où le numérique est un levier de développement économique et social, améliorer la qualité réelle de l’expérience internet devient un enjeu majeur. Moins que les chiffres, c’est désormais la perception quotidienne des utilisateurs qui déterminera la réussite des opérateurs dans leur mission de connectivité.