Malgré les campagnes de reboisement et les actions de sensibilisation menées depuis plusieurs décennies, le Togo continue de perdre une part importante de son couvert forestier. Les chiffres officiels révèlent une réalité préoccupante : environ 5 679 hectares de forêts disparaissent chaque année, soit un taux moyen de déforestation de 0,42 % entre 1990 et 2015.
Cette situation a été rappelée par le ministre en charge de l’Environnement, Professeur Komla Dodzi Kokoroko, le mardi 13 janvier 2026, lors d’une communication sur l’état des ressources forestières du pays. Selon les autorités, plusieurs facteurs expliquent cette perte continue.
Une exploitation illégale toujours présente au Togo
La principale cause reste l’exploitation frauduleuse du bois. Malgré l’existence de textes réglementaires et de campagnes de contrôle, de nombreux opérateurs continuent de couper du bois sans autorisation. Ces pratiques illégales alimentent une grande partie du marché local et exercent une forte pression sur les forêts.
Les contrôles forestiers menés depuis octobre 2025 montrent que le bois issu de coupes non autorisées reste largement présent sur les marchés, contribuant à la dégradation rapide des zones forestières.
Une demande locale plus forte que l’offre
Le Togo ne dispose pas d’une forte couverture forestière. Sa production nationale de bois est insuffisante pour satisfaire la demande croissante des populations, notamment pour la construction et l’énergie domestique. Cette situation pousse certains acteurs à se tourner vers des exploitations illégales pour combler le déficit.
Pour limiter cette pression, le gouvernement encourage l’importation légale de bois depuis les pays voisins. Cependant, cette option reste encore peu respectée par certains opérateurs du secteur.
Des efforts de reboisement insuffisants face aux pertes
Chaque 1er juin, à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre, des milliers de plants sont mis en terre à travers le pays. Ces actions, soutenues par l’État et des partenaires, visent à restaurer le couvert forestier.
Mais selon les autorités, le rythme du reboisement reste inférieur aux pertes annuelles. Autrement dit, le nombre d’arbres plantés ne suffit pas à compenser les plus de 5 600 hectares détruits chaque année.
Un cadre légal renforcé mais peu respecté
Pour faire face à cette situation, le nouveau code forestier impose des autorisations strictes pour la coupe, le transport et la commercialisation du bois. Il vise à mieux encadrer l’activité et à responsabiliser les acteurs de la filière.
Cependant, le non-respect des règles par certains exploitants compromet les efforts de gestion durable et fragilise les communautés locales qui dépendent directement des ressources forestières.
Un objectif ambitieux à l’horizon 2030
Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement togolais s’est fixé des objectifs clairs : porter la couverture forestière nationale à 26 % et planter un milliard d’arbres d’ici 2030. Ces ambitions nécessitent une mobilisation collective, impliquant l’État, les professionnels du bois et les citoyens.
Pour le ministre Komla Dodzi Kokoroko, la lutte contre la déforestation ne peut réussir sans une application rigoureuse des textes et une implication active de tous. À défaut, le Togo continuera de perdre chaque année des milliers d’hectares de forêts, au détriment de l’environnement et des générations futures.