Le gouvernement togolais lance un appel à manifestation d’intérêt pour la sélection de 50 Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPME). Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Accompagnement des Jeunes hommes et femmes entrepreneurs dans les chaînes de valeurs créatrices d’emplois (PAJEC).
Porté par le ministère du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire, avec l’appui financier de l’État togolais et de la Banque africaine de développement (BAD), ce projet vise à renforcer l’écosystème entrepreneurial dans les filières agricoles et agro-industrielles.
Un projet au cœur de l’emploi des jeunes
Le PAJEC repose sur une approche innovante basée sur le développement de chaînes de valeurs agricoles et la mise en place de clusters agro-industriels. L’objectif est de structurer les filières porteuses afin de générer des opportunités d’emplois pour les jeunes et les femmes à tous les niveaux : production, transformation, commercialisation et distribution.
Plusieurs filières stratégiques sont concernées, notamment le maïs, le soja, le manioc, le riz, l’ananas, le karité, le sésame, le fonio, l’anacarde, l’amarante et les plantes médicinales. À cela s’ajoutent les filières animales telles que les petits ruminants, la volaille, la pisciculture (tilapia et clarias) ainsi que l’apiculture. Le transport et la logistique figurent également parmi les maillons ciblés.
Dans ce dispositif, les TPME sélectionnées joueront un rôle clé. Elles seront appelées à devenir des entreprises structurantes, véritables moteurs du développement des chaînes de valeurs.
Des entreprises « locomotives » au cœur du dispositif
Les entreprises retenues auront pour mission de servir de locomotives économiques dans leurs zones d’intervention. En d’autres termes, elles devront impulser la dynamique de développement en facilitant la création et la consolidation de clusters agro-industriels.
Leur rôle consistera notamment à contractualiser avec les producteurs, les coopératives et les agrégateurs pour garantir un approvisionnement régulier en matières premières. Elles devront également accompagner les jeunes entrepreneurs, faciliter l’accès aux financements, aux technologies et aux marchés, et investir dans l’expansion de leurs propres capacités de production ou de transformation.
À travers ces actions, les TPME structurantes contribueront directement à la création d’emplois, en intégrant de nombreux acteurs dans les chaînes de valeurs.
TPME : Des critères d’éligibilité stricts
Pour être sélectionnées, les entreprises candidates doivent répondre à des critères précis. Elles doivent être des entreprises togolaises formellement enregistrées, disposant d’une organisation structurée et d’un siège établi sur le territoire national.
Les TPME dirigées par des hommes doivent justifier d’au moins trois ans d’activité, tandis que celles dirigées par des femmes doivent avoir au moins deux ans d’expérience. Elles doivent également présenter des états financiers et démontrer une bonne santé économique.
Les capacités d’approvisionnement constituent un critère déterminant. Dans les filières végétales, les entreprises doivent pouvoir mobiliser au moins 200 tonnes de matières premières pour la transformation ou 500 tonnes pour la commercialisation. Dans les filières animales, elles doivent justifier de volumes significatifs, notamment 5 000 sujets pour la volaille ou 600 têtes pour les petits ruminants.
Les entreprises dirigées par des femmes bénéficient de seuils adaptés, avec des exigences légèrement réduites afin de favoriser leur participation.
Par ailleurs, les candidats doivent démontrer des relations commerciales solides, prouver l’existence de marchés et afficher un potentiel de croissance, notamment à travers une rentabilité et des revenus en progression.
Une sélection rigoureuse
La soumission d’un dossier ne garantit pas une sélection automatique. Les candidatures seront examinées à plusieurs niveaux par un comité d’évaluation. Seules les entreprises présentant les meilleurs profils et offrant un fort potentiel de création d’emplois seront retenues.
Les entreprises sélectionnées signeront un mémorandum d’entente avec l’Agence de Développement des TPME (ADTPME), qui assure la mise en œuvre du projet.
Les TPME retenues bénéficieront d’un accompagnement à la fois financier et technique. Cet appui portera sur plusieurs aspects, notamment :
- la structuration de leur développement
- l’amélioration de leur appareil de production
- l’accès aux financements
- le développement de nouveaux marchés
L’ADTPME facilitera également la mise en relation avec les jeunes entrepreneurs, les coopératives et les agrégateurs, dans une logique de renforcement des chaînes de valeurs.
Toutefois, cet accompagnement se fera de manière progressive. Toutes les entreprises sélectionnées ne bénéficieront pas immédiatement des appuis. Leur intégration dans le dispositif se fera en fonction de l’évolution du projet, des filières et des régions.
Modalités de candidature
Les entreprises intéressées doivent soumettre un dossier comprenant une présentation détaillée, leurs états financiers et leur certificat d’immatriculation. Les dossiers peuvent être retirés et déposés auprès du siège de l’ADTPME à Avédji, ainsi que dans les différentes coordinations régionales de l’ANADEB et autres structures partenaires.
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 17 avril 2026 à 17 heures. Les dossiers incomplets ou envoyés hors délai ne seront pas pris en compte.
Un levier pour le développement agro-industriel
À travers cet appel à manifestation d’intérêt, le gouvernement togolais entend accélérer la transformation du secteur agricole en un véritable moteur de croissance économique.
En soutenant les TPME et en structurant les chaînes de valeurs, le PAJEC ambitionne de créer un écosystème dynamique capable de générer des emplois durables, notamment pour les jeunes et les femmes.
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de développement, visant à renforcer la souveraineté économique du pays, tout en valorisant les ressources locales et en stimulant l’innovation dans le secteur agro-industriel.
Avec 50 TPME à sélectionner, cet appel constitue une opportunité majeure pour les entreprises togolaises de jouer un rôle central dans la création d’emplois et la transformation du secteur agricole.