Le coût de l’électricité au Togo demeure l’un des plus élevés de la sous-région, ce qui impacte directement la compétitivité des industries et du secteur privé dans son ensemble. Ce tarif élevé est un frein à l’investissement et à la compétitivité des entreprises, en particulier celles qui sont fortement dépendantes de l’énergie pour leur production.
Dans la sous-région de la CEDEAO, les coûts de production d’électricité varient en fonction des sources d’énergie utilisées. La majorité des pays de la région, y compris le Togo, produisent leur électricité principalement à partir de sources thermiques.
Ces sources, bien que fiables, sont souvent plus coûteuses comparées à l’hydraulique ou à d’autres formes d’énergie renouvelable.
Les tarifs de l’électricité pour l’utilisateur final (moyenne tension) au Togo se situent entre 21,4 cents USD et 24 cents USD, ce qui place le pays parmi les plus chers de la région.
À titre de comparaison, le Bénin, bien qu’il produise aussi principalement de l’énergie thermique, bénéficie d’un tarif inférieur, à 19,8 cents USD. La Côte d’Ivoire, elle, offre un tarif encore plus compétitif, à 17,3 cents USD, soit un écart de 4,1 cents par rapport au Togo. Le Nigéria, quant à lui, affiche le tarif le plus bas de la région, à 15,7 cents USD, et bénéficie en plus d’une TVA réduite à 5%.
Qualité de l’électricité dans la Région
La qualité de l’énergie est également un critère essentiel dans la compétitivité des entreprises. Les indicateurs SAIDI (durée totale de l’interruption de service) et SAIFI (fréquence des interruptions par client) montrent que la Côte d’Ivoire et le Bénin figurent parmi les meilleurs producteurs d’énergie en Afrique de l’Ouest.
En effet, ces deux pays enregistrent les interruptions les plus faibles, offrant ainsi une énergie plus stable et fiable pour les entreprises.
En revanche, le Togo et le Bénin, bien que de grands consommateurs d’électricité, restent des importateurs nets d’énergie, ce qui contribue à la hausse des coûts. Le Togo, en particulier, peine à assurer une production suffisante pour ses besoins internes, ce qui entraîne une dépendance vis-à-vis de l’importation d’énergie à des prix souvent plus élevés.
Avec la mise en place de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), les entreprises togolaises se retrouvent en concurrence directe avec celles des autres pays de la sous-région. Dans ce contexte, le coût élevé de l’électricité au Togo constitue un désavantage majeur pour les entreprises locales, qui doivent faire face à des coûts de production plus importants que leurs concurrentes de pays voisins, comme la Côte d’Ivoire ou le Nigéria.
Pour améliorer la compétitivité des entreprises togolaises, le gouvernement devrait envisager une révision des frais d’électricité, notamment en travaillant sur la TVA et en explorant d’autres leviers structurels.
La réduction du coût de l’électricité pourrait ainsi permettre aux entreprises de réduire leurs coûts de production et d’améliorer leur compétitivité sur le marché régional et international.
Notons que ces analyses sont issues du Livre Blanc 2024 de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), un document clé pour comprendre les défis économiques actuels du pays.