Un reportage publié sur le site du média en ligne Capture Media a déclenché une véritable tempête dans le paysage médiatique togolais. Le sujet ? Un litige foncier à Adétikopé, dans la commune d’Agoè-Nyivé 6, au lieudit « Latékopé ». Depuis sa mise en ligne, l’auteur de l’enquête, le journaliste Roger Amemavoh, fait l’objet de menaces et d’intimidations, selon plusieurs organisations professionnelles et médias locaux.
Une enquête qui fait le buzz
« Depuis la diffusion de mon reportage sur la souffrance des femmes de Latékopé, je vis sous pression. Des menaces quasi quotidiennes pèsent sur moi » a témoigné le responsable du Média en ligne Roger Amémavoh.
Diffusé sur la plateforme numérique de Capture Media, le reportage a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp et Facebook, provoquant un véritable débat national. Le sujet est sensible : il concerne la propriété de terrains dans une zone en pleine expansion autour de Lomé, où les tensions foncières sont fréquentes.
Le reportage a mis en lumière les rivalités entre propriétaires, les conflits de titres fonciers et les enjeux économiques liés à la terre. Mais c’est surtout le format digital qui a amplifié la portée de l’information : en quelques heures, le contenu a été partagé largement, commenté et discuté, franchissant le cadre local pour atteindre l’échelle nationale.
La presse togolaise monte au créneau
Face aux menaces, plusieurs organisations médiatiques se sont mobilisées pour soutenir le journaliste.
Le 16 février 2026, le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) a exprimé son « indignation » face aux graves pressions exercées sur Roger Amemavoh. L’organisation rappelle que les journalistes « ne font que leur travail avec rigueur et professionnalisme » et demande aux autorités togolaises de garantir la sécurité du journaliste et de la rédaction de Capture Media « en tout temps et en tout lieu ».
Le lendemain, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) a exprimé sa « profonde préoccupation ». L’institution a fermement condamné les menaces anonymes et a appelé à des mesures de protection immédiates. Elle rappelle que la liberté d’expression et le droit à l’information sont garantis par les textes en vigueur au Togo, et se réserve le droit de déposer une plainte contre X pour atteinte à la liberté de la presse.
Le gouvernement s’exprime
Hier, mardi 17 février 2026, le gouvernement togolais est également intervenu pour rappeler que la sécurité des journalistes constitue une priorité nationale. Dans un communiqué, les autorités ont assuré qu’elles prendraient toutes les mesures nécessaires pour protéger Roger Amemavoh et les professionnels des médias confrontés à des intimidations.
Médias en ligne : un rôle amplifié, mais des risques accrus
L’affaire Latékopé illustre la puissance des médias en ligne dans la diffusion de l’information. Leur réactivité et leur capacité à atteindre rapidement un large public les placent désormais au centre du débat national.
Mais cette visibilité accrue s’accompagne aussi de risques. Les journalistes peuvent être exposés à des réactions hostiles lorsqu’ils abordent des sujets sensibles. Les menaces reçues par Roger Amemavoh démontrent à quel point le numérique peut accélérer la propagation des tensions.
Une question de principe et d’avenir
Au-delà du conflit foncier, l’affaire soulève une question essentielle : comment garantir la liberté de la presse et la sécurité des journalistes à l’ère numérique ? L’impact d’un reportage en ligne dépasse désormais le simple cadre local et peut influencer le débat public national.
Pour le milieu médiatique, la mobilisation autour de Capture Media et de Roger Amemavoh envoie un message clair : les journalistes doivent pouvoir informer librement, sans craindre pour leur sécurité. Et pour le public, cette affaire rappelle que les médias numériques jouent un rôle crucial dans la circulation rapide de l’information, mais que cette puissance s’accompagne de responsabilités et de défis à relever.
L’évolution de l’affaire Latékopé sera désormais suivie de près, et les mesures de protection mises en place pour le journaliste serviront peut-être de précédent pour l’ensemble du journalisme numérique au Togo.