En fin avril dernier, Sangbanté Asanté a comparu devant le Pôle pénal économique et financier de Cocody pour des faits présumés de blanchiment de capitaux, liés à la cession non autorisée d’environ 47 grammes d’or. Cette vente d’or estimée à plus de 2,5 millions de francs CFA place le ressortissant togolais au cœur d’une procédure judiciaire en Côte d’Ivoire.
Selon les éléments présentés à l’audience, l’accusé, installé dans le pays, exerçait au sein d’une société minière opérant dans la région de la Nawa, dénommée Mine Ivoire. Dans le cadre de ses activités, il aurait découvert des paillettes d’or qu’il a ensuite vendues en dehors de tout circuit légal.
Une transaction au centre des poursuites
C’est précisément cette transaction, évaluée à plus de 2,5 millions de francs CFA, qui constitue le cœur de l’accusation. Interpellé par les forces de l’ordre, le prévenu soutient que les fonds issus de la vente ont été entièrement saisis avant qu’il n’ait pu en bénéficier. À la barre, il affirme ne pas avoir eu connaissance des règles encadrant la commercialisation de l’or.
Le ministère public, pour sa part, estime que les faits sont suffisamment établis pour retenir la qualification de blanchiment de capitaux. Selon le parquet, la mise en circulation de fonds provenant d’une activité non autorisée constitue une infraction grave au regard de la législation en vigueur.
Une peine requise pour dissuasion
Face à ces éléments, le procureur a requis une peine de trois ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de six millions de francs CFA. Cette réquisition vise, selon l’accusation, à dissuader les pratiques informelles dans un secteur jugé particulièrement sensible.
La défense adopte une lecture différente du dossier. L’avocat du prévenu plaide l’absence d’intention frauduleuse, soulignant que son client n’a pas profité des fonds au moment de son arrestation. Il avance également que les faits relèveraient davantage d’une infraction administrative liée au défaut d’autorisation, plutôt que d’un schéma structuré de blanchiment.
Blanchiment : Une décision attendue
Au cours des débats, les juges ont examiné les aspects techniques liés à l’origine du métal et à son circuit de commercialisation. À ce stade, aucune preuve formelle ne permet d’établir un lien avec un réseau organisé, un élément susceptible d’influencer la décision finale.
Placée sous mandat de dépôt depuis le 23 septembre 2025, la personne mise en cause demeure détenue au pôle pénitentiaire d’Abidjan dans l’attente du verdict. L’affaire a été mise en délibéré, avec une décision attendue le 21 mai 2026.
