Pour faire face aux inondations et aux catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes, le Togo mobilise plus de 15 milliards FCFA. Ce financement a été obtenu mardi 05 mai, avec l’appui de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). Il permettra de renforcer la prévention des risques climatiques et la protection des communautés vulnérables à travers le pays.
Le financement, estimé à 15,3 milliards de francs CFA, soit environ 27,7 millions de dollars, est destiné au Projet de renforcement de la résilience des communautés vulnérables dans les zones à haut risque climatique et de catastrophe, dénommé SAPO 48. Les documents ont été signés par le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Essowè Barcola, et le vice-président de la BOAD, Abdoulaye Daffé.
Une réponse aux catastrophes climatiques répétées
Depuis plusieurs années, le Togo fait face à des phénomènes climatiques de plus en plus fréquents. Inondations, crues, érosion côtière et fortes pluies touchent régulièrement plusieurs localités du pays, notamment dans la région Maritime et à Lomé. Ces catastrophes provoquent des dégâts matériels importants, des déplacements de populations et des pertes économiques considérables.
Face à cette situation, les autorités souhaitent désormais renforcer les dispositifs de prévention afin de limiter les impacts humains et financiers liés aux catastrophes naturelles.
Le projet SAPO 48 vise ainsi à protéger près de 9 millions de personnes, avec environ 1,3 million de bénéficiaires directs. Il prévoit notamment l’amélioration des services d’information climatique et le déploiement d’un système d’alerte précoce multirisque capable de prévenir rapidement les populations exposées.
Anticiper plutôt que subir
Pour le gouvernement togolais, cette nouvelle orientation marque un changement stratégique majeur. L’objectif est de passer d’une gestion réactive des catastrophes à une politique d’anticipation basée sur les prévisions climatiques.
« Anticiper, c’est sauver des vies, préserver les moyens de subsistance et protéger les investissements publics », a déclaré le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Madjoulba.
Le projet prévoit également la mise en place de mécanismes de financement d’urgence fondés sur les prévisions météorologiques. Cette approche doit permettre une mobilisation plus rapide des ressources avant même la survenue des catastrophes.
Des enjeux économiques importants
Au-delà des conséquences humaines, les catastrophes climatiques représentent un poids croissant pour les finances publiques. Les dépenses liées aux secours, aux réparations d’infrastructures et aux relogements pèsent de plus en plus lourd sur les budgets des États africains.
Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Essowè Barcola, investir dans la résilience permet aussi d’éviter des coûts futurs beaucoup plus élevés.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte régional marqué par une montée des investissements climatiques soutenus par les partenaires internationaux. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest cherchent aujourd’hui à renforcer leur accès aux financements verts afin de mieux faire face aux effets du changement climatique.
Togo : Un 1er projet financé par le Fonds vert pour le climat
Le financement du projet SAPO 48 intervient après son approbation en février 2025 par le conseil d’administration du Fonds vert pour le climat. Il s’agit du premier projet individuel du Togo financé directement par ce mécanisme international consacré à la lutte contre les effets du dérèglement climatique.
Dans ce dossier, la BOAD joue le rôle de partenaire opérationnel du Fonds vert pour le climat dans l’espace ouest-africain.
Le gouvernement togolais ne compte pas s’arrêter à ce premier programme. Les autorités préparent déjà un autre projet baptisé PRECO-Togo, consacré à la reconstruction et au soutien des communautés touchées après les catastrophes climatiques.
Ce futur programme devrait lui aussi bénéficier d’un appui du Fonds vert pour le climat à travers la BOAD.
À travers ces initiatives, le Togo cherche progressivement à intégrer les questions climatiques au cœur de ses politiques publiques. Dans un contexte où les catastrophes naturelles deviennent de plus en plus fréquentes, les autorités veulent désormais faire de la prévention un outil central de protection des populations et de stabilité économique.