Un atelier régional sur la gestion des risques agricoles s’est ouvert lundi à Lomé. La rencontre a été initiée par la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM) en collaboration avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’atelier se tient jusqu’au jeudi 20 juin 2025.
L’objectif est de construire une stratégie commune face aux multiples menaces qui pèsent sur le secteur agricole ouest-africain. Il s’agira de partager les expériences nationales, identifier les bonnes pratiques et bâtir un programme régional intégré pour anticiper, atténuer et gérer efficacement ces risques.
L’atelier réunit les représentants de plusieurs États membres, d’institutions internationales, du secteur privé et d’organisations de producteurs.
L’agriculture représente 35 % du produit intérieur brut (PIB) de la région et emploie 60 % de la population active. Mais ce secteur clé est confronté à une série de risques croissants : aléas climatiques, épidémies animales et végétales, instabilité des prix, ou encore insécurité foncière. Ces facteurs compromettent la productivité, les revenus agricoles et la sécurité alimentaire de millions de familles.
10 ans de collaboration, un tournant régional
Le partenariat entre la PARM et la CEDEAO ne date pas d’hier. Depuis 2014, les deux structures collaborent pour renforcer la résilience agricole dans plusieurs pays. Des actions concrètes ont déjà été menées au Burkina Faso, au Ghana, au Niger et au Sénégal. Ces expériences ont permis de tester des outils d’analyse des risques et d’identifier des solutions innovantes.
Selon le Dr Koffi Emmanuel Gle, responsable des programmes de développement rural à la CEDEAO, cette coopération de longue date a mis en lumière « la nécessité de passer à une dynamique régionale plus intégrée ». L’enjeu est de mutualiser les ressources, renforcer les synergies entre États et mobiliser les partenaires pour des actions plus durables.
Agriculture : Miser sur la résilience, l’emploi et l’innovation
Pour Jean-Claude Bidogeza, expert de la PARM, « ce programme vise à atténuer les risques, à renforcer la résilience des systèmes agricoles, à garantir la sécurité alimentaire, mais aussi à créer de l’emploi pour les jeunes et les femmes ». L’initiative s’inscrit aussi dans une logique de réduction de l’émigration irrégulière, en offrant des opportunités locales à travers l’agriculture.
Les participants travaillent actuellement sur la définition d’une feuille de route régionale, avec des mécanismes de suivi, des indicateurs de performance et des engagements politiques renforcés.