Au Togo, les cultures de rente comme le café-cacao peinent à retrouver leur place d’antan. Jadis sources majeures de devises pour l’économie nationale, elles ne pèsent plus que 2 % du PIB. Face à cette érosion continue, une riposte concrète est en marche. Elle vient du terrain, portée par des acteurs engagés.
Le vendredi 9 mai, à Kpalimé, berceau historique de la filière, l’ONG Avenir De l’Environnement (ADE) et le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) ont lancé la 8e campagne nationale de distribution de jeunes plants. Objectif : renouveler les vergers vieillissants et restaurer la productivité des plantations.
café-cacao : 129 000 plants distribués pour la campagne 2025
Cette année, 129 000 jeunes plants seront mis à la disposition des producteurs dans huit préfectures.
La répartition est claire :
- 67 000 cacaoyers
- 30 000 caféiers
- 32 000 essences agroforestières
Une opération d’envergure qui cible les membres de la FUPROCAT, du SIACCTO, mais aussi des producteurs indépendants. Le but : toucher l’ensemble de la chaîne et favoriser une relance inclusive.
Depuis le lancement du programme en 2021, plus de 541 000 plants ont été produits, permettant de reboiser 406 hectares de plantations. À Tové, le site pépinière de l’ADE est devenu un point névralgique de cette relance agricole.
Au-delà des plants : une stratégie durable
L’action de l’ADE et du CCFCC ne se limite pas à la distribution. Elle inclut :
- La fourniture d’engrais adaptés
- Le soutien à la lutte contre les feux de végétation
- L’accompagnement technique des producteurs
Une approche écologique et durable, pensée pour booster les rendements sans aggraver la déforestation.
Une relance qui appelle à l’union des forces
Lors du lancement officiel, le DG de l’ADE, Prince Yawo Tefe, a insisté sur la nécessité de renforcer la synergie entre secteur public, privé et société civile. Il a salué le soutien des autorités et l’implication constante du Secrétaire général du CCFCC, Enselme Gouthon, considéré comme un acteur clé du redressement de la filière.
Les prochaines étapes sont déjà annoncées : intensifier la sensibilisation à la gestion durable, élargir le réseau de pépinières communautaires et redonner au Togo sa place sur l’échiquier régional des producteurs compétitifs de café et de cacao.