La capitale togolaise a ouvert ses portes, lundi 12 mai 2025, à la première Conférence de l’Union africaine consacrée à la dette publique. Pendant 3 jours, une trentaine de délégations venues des quatre coins du continent africains réfléchissent ensemble aux voies possibles pour restaurer la soutenabilité financière des États africains.
Organisée conjointement par l’Union africaine et le Togo, cette conférence inédite se tient dans un contexte de tension budgétaire généralisée. Plusieurs pays africains sont aujourd’hui confrontés à des niveaux d’endettement jugés critiques. L’objectif affiché à Lomé est de poser les bases d’une doctrine africaine de la dette publique, plus adaptée aux réalités du continent.
Vers une nouvelle vision africaine de la dette publique
Le Président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé a qualifié la dette en Afrique de « crise silencieuse mais structurelle » et plaidé pour une refondation en profondeur des règles financières internationales. Selon lui, les méthodologies actuelles sont inadaptées : « Conçues pour contraindre, pas pour accompagner », elles n’intègrent ni la rentabilité sociale ni les enjeux climatiques.
Pour Faure Gnassingbé, il est temps de construire une vision collective et souveraine de la dette : une dette assumée, stratégique et au service du bien commun. Il a ainsi invité les États membres à coordonner leurs politiques budgétaires, à renforcer les institutions panafricaines et à parler d’une seule voix sur la scène internationale.
Une conférence qui pourrait faire date
Parmi les thématiques au programme figurent la soutenabilité de la dette, les modes de financement alternatifs et la reconnaissance des dépenses sécuritaires comme biens publics mondiaux. L’adoption d’une Déclaration de Lomé est attendue en clôture.
La présence du représentant du président de la Commission de l’Union africaine, Patrick Ndzana Olomo, souligne l’importance de ce sommet. Ce dernier a salué l’engagement du Togo pour une réforme profonde de l’architecture financière mondiale.
En accueillant cette conférence, Lomé confirme son rôle croissant dans les grandes discussions continentales, cette fois sur le terrain économique et financier.