La guerre en Ukraine est en train de créer de nouveaux liens entre les industries militaires européennes et les pays africains. Parmi les acteurs concernés, le fabricant français Delair occupe une place particulière. Ses drones sont utilisés en Ukraine, mais aussi par plusieurs pays africains. Une présence qui soulève des questions sur le rôle que pourrait désormais jouer le continent dans la nouvelle guerre technologique des drones.
Delair est devenu un acteur important du secteur des drones militaires.
L’entreprise française travaille depuis plusieurs années avec l’Ukraine. Ses appareils sont utilisés par les forces ukrainiennes et les enseignements tirés du conflit permettent au fabricant de faire évoluer ses technologies.
Mais dans le même temps, Delair développe également ses activités en Afrique. La Côte d’Ivoire fait notamment partie de ses clients. Le pays utilise des drones français pour des missions de surveillance et de sécurité.
La guerre en Ukraine a profondément changé l’utilisation des drones. Ces appareils ne servent plus seulement à observer le terrain. Ils peuvent également participer à la reconnaissance, au ciblage et à certaines opérations offensives.
Pour les armées africaines confrontées à des problèmes de surveillance des frontières et à des groupes armés, cette évolution est particulièrement importante. Un drone peut surveiller une zone pendant plusieurs heures sans exposer directement des soldats.
Drones : L’Afrique devient un marché stratégique
Pour les fabricants européens, le continent représente donc un marché en pleine évolution.
Les besoins sont nombreux : surveillance des frontières, lutte contre les groupes armés, protection des infrastructures et renseignement. Delair cherche d’ailleurs à renforcer sa présence commerciale en Afrique. L’entreprise a annoncé son intention d’ouvrir une filiale au Maroc pour accompagner ses activités sur le continent.
Cette présence croissante des fabricants occidentaux intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à diversifier leurs partenaires militaires. La Russie, la Turquie, la Chine, les États-Unis et les pays européens sont désormais en concurrence sur le marché africain des équipements de défense.
Les drones deviennent l’un des principaux terrains de cette compétition. Et l’expérience acquise en Ukraine donne aux fabricants occidentaux un avantage supplémentaire : la guerre en cours sert aussi de laboratoire grandeur nature pour l’évolution de ces technologies.
C’est finalement la question centrale. Les pays africains peuvent utiliser ces technologies pour renforcer leur sécurité. Mais ils doivent aussi veiller à conserver la maîtrise de leur utilisation et de leurs données.
Car derrière la multiplication des drones se joue une nouvelle bataille : qui contrôlera les technologies de surveillance et de guerre sur le continent ? L’Afrique pourrait bien être l’un des prochains grands terrains de cette compétition technologique.
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