Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé mardi, l’ambition de résorber une dette colossale de 2,5 milliards de dollars contractée auprès des producteurs indépendants d’électricité (IPP) et des fournisseurs de gaz. Une dette qui, selon lui, pèse lourdement sur la santé financière du pays et freine son développement.
Cette déclaration a été faite lors d’un forum économique régional tenu à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Le chef de l’État a précisé que des avancées notables ont déjà été enregistrées, avec la renégociation d’un milliard de dollars en 2024, soit 40 % du montant total à rembourser. « D’ici fin 2025, nos partenaires seront satisfaits », a-t-il assuré, réaffirmant l’engagement de son gouvernement à restaurer la confiance dans le secteur énergétique.
Jusqu’à 40 % de pertes à l’ECG
John Mahama n’a pas éludé les responsabilités internes. Il a pointé du doigt les dysfonctionnements de l’Electricity Company of Ghana (ECG), l’entreprise publique chargée de la distribution d’électricité. Selon ses estimations, l’ECG perd jusqu’à 40 % de ses revenus, en raison d’un système de recouvrement des factures inefficace, qui favorise les pertes non techniques et la fraude.
Pour corriger cette défaillance, le gouvernement envisage d’impliquer le secteur privé dans la gestion de la facturation. Un appel à manifestation d’intérêt sera bientôt lancé pour sélectionner un ou plusieurs partenaires stratégiques. « La participation locale sera essentielle, mais nous étudierons toutes les options », a souligné le président.
Forer avant qu’il ne soit trop tard
Face aux mutations énergétiques mondiales, Mahama a également plaidé pour une exploitation rapide des ressources pétrolières et gazières du pays. Il a averti que le temps joue contre les économies africaines productrices d’hydrocarbures. « Il faut forer sans attendre. Tout investisseur prêt à extraire est le bienvenu », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence d’agir avant que les ressources fossiles ne deviennent obsolètes dans le cadre de la transition vers les énergies renouvelables.
Un pays sous pression à cause de la dette
Le Ghana fait face à une dette publique estimée à plus de 80 % de son PIB en 2024, selon les données de la Banque mondiale. La dette énergétique, bien que sectorielle, alourdit le déficit global et limite les marges de manœuvre de l’État.
La stratégie actuelle repose donc sur un partenariat public-privé renforcé, une meilleure gestion des revenus de l’électricité, et une accélération des investissements dans les ressources locales. Un pari risqué, mais nécessaire pour un pays en quête de stabilité budgétaire et de souveraineté énergétique.