Le Togo enregistre de réels progrès dans le secteur Internet, mais l’accès reste inégal et la qualité du service encore insuffisante. Lors de l’assemblée générale du chapitre togolais de l’Internet Society samedi dernier, Emmanuel Elolo Agbenonwossi, président de l’organisation, a insisté sur la nécessité de réduire les coûts, d’étendre la couverture nationale et de privilégier la sensibilisation plutôt que les coupures de réseau.
« Aujourd’hui, je peux dire que l’internet au Togo se porte mieux, mais des efforts restent à faire. La priorité doit être la réduction des coûts et l’amélioration de la qualité du service. Les coupures ou perturbations du réseau lors des manifestations ne sont pas une solution », a-t-il souligné.
Selon lui, ces coupures et perturbations du réseau pénalisent autant les citoyens que le secteur privé.
Internet, un moteur d’innovation pour les jeunes
Le numérique joue un rôle essentiel dans le développement économique et social, particulièrement pour les jeunes Togolais. Beaucoup exploitent les plateformes en ligne et les réseaux sociaux pour créer des activités et lancer des projets entrepreneuriaux.
Malgré les progrès, certaines régions du pays restent mal desservies, avec des zones « blanches » où le réseau est limité ou inexistant. Le président de l’Internet Society a appelé à étendre la couverture nationale, afin de garantir une connectivité universelle et inclusive pour tous les Togolais, indépendamment de leur lieu de résidence.
Pour favoriser le développement du numérique, Emmanuel Elolo Agbenonwossi plaide pour une approche basée sur la sensibilisation et la coopération plutôt que sur la sanction. Cette méthode, selon lui, permettrait de protéger les droits des citoyens tout en assurant la stabilité du secteur privé et en stimulant un environnement propice à l’innovation numérique.
Bilan : Les réalisation de l’Internet society
Le chapitre Togolais Internet Society a réussi à mettre en place le tout premier réseau communautaire du pays. Elle a également lancé l’École nationale sur la gouvernance de l’Internet, qui a permis de former des acteurs issus du secteur privé, du monde académique, de la société civile et de la communauté économique sur des thématiques telles que la cybersécurité, les infrastructures numériques et l’intelligence artificielle.
Le chapitre togolais s’est aussi illustré sur le plan sous-régional. Il a organisé des ateliers techniques destinés aux points d’échange Internet de plusieurs pays, notamment sur le routage et la gestion du trafic national, dans l’objectif de réduire les coûts pour les usagers. En parallèle, des partenariats avec le monde universitaire ont permis de produire des rapports techniques sur les perturbations d’Internet au Togo, la qualité du service et les comparaisons de prix au niveau sous-régional.
ISOC Togo a par ailleurs accueilli à Lomé des experts internationaux, notamment Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN). Des ingénieurs togolais ont ainsi été formés dans une dynamique visant à renforcer la présence culturelle et linguistique du pays sur le réseau mondial.
Perspectives à venir
Pour les prochaines années, le Conseil d’administration de ISOC Togo entend consolider ces acquis et ouvrir de nouveaux chantiers. Parmi les priorités figure le renforcement du réseau communautaire qui dessert actuellement cinq villages. Une évaluation du projet est prévue afin d’identifier les besoins complémentaires en formation et d’améliorer l’impact du réseau sur les populations bénéficiaires
« Nous avons déjà connu une phase de fondation. Nous avons réussi à mettre en place une gouvernance solide et transparente et cette fois-ci, nous entrons dans une phase d’accélération. Nous allons intensifier nos actions pour nous rapprocher davantage des communautés. Nous voulons faire plus : aller au-delà de Lomé, au-delà de la région Maritime, vers le septentrion, et mener des actions concrètes capables de sortir les zones blanches de l’isolement, de les connecter au réseau national et, surtout, de permettre aux populations de tirer pleinement profit de la révolution numérique », a révélé M.Agbenonwossi.
Un nouveau conseil d’administration pour le chapitre togolais

ISOC Togo ambitionne également de devenir un véritable laboratoire national de référence sur l’Internet, capable de produire des données fiables sur la qualité du service, les coûts et les performances du réseau, afin d’éclairer le plaidoyer auprès des pouvoirs publics. L’organisation souhaite aussi multiplier les centres d’innovation et de prototypage, où les jeunes pourront développer leurs projets et se mesurer à leurs pairs au niveau sous-régional et international.
Pour rappel, l’assemblée générale du samedi 10 janvier a également permis à l’Internet Society de renouveler son conseil d’administration, composé de huit membres, avec Emmanuel Elolo Agbenonwossi reconduit à sa tête.