La stratégie de désengagement de TotalEnergies au Nigeria fait désormais l’objet d’une bataille judiciaire. Des militants engagés dans la défense du climat ont saisi une juridiction civile française afin de contraindre le groupe pétrolier à communiquer des documents portant sur les impacts environnementaux liés à la vente de l’un de ses actifs dans le delta du Niger.
Selon Reuters, les plaignants fondent leur recours sur la loi française relative au devoir de vigilance. Ce texte oblige les grandes entreprises à prévenir les risques environnementaux et sociaux susceptibles de découler de leurs activités, mais aussi de celles de leurs filiales, partenaires commerciaux ou futurs acquéreurs.
L’affaire concerne un bloc pétrolier terrestre exploité jusqu’ici par un consortium réunissant Shell, Eni et TotalEnergies dans le delta du Niger. En janvier dernier, le groupe français a annoncé son intention de céder près de 10 % de sa participation à une entreprise nigériane, une opération qui reste en attente de l’autorisation des autorités réglementaires du pays.
TotalEnergies s’explique
Pour TotalEnergies, cette décision s’inscrit dans une stratégie de retrait progressif des grands groupes pétroliers internationaux des activités onshore au Nigeria. L’entreprise explique ce choix par les pertes répétées provoquées par les actes de sabotage, les vols de pétrole et les difficultés sécuritaires qui affectent durablement les installations de production dans la région.
Le groupe affirme que les éventuels dommages environnementaux survenant après la finalisation de la transaction relèveront de la responsabilité du futur exploitant. En revanche, il assure qu’il continuera d’assumer les obligations liées aux pollutions qui auraient été causées durant sa période d’exploitation.
Cette procédure judiciaire intervient alors que le paysage pétrolier nigérian connaît une profonde recomposition. Plusieurs majors internationales réduisent progressivement leur présence dans les actifs terrestres du pays. Shell a déjà finalisé la vente d’une partie de ses opérations, tandis qu’Eni poursuit également son processus de désengagement, marquant une nouvelle étape dans l’évolution du secteur pétrolier au Nigeria.