La raffinerie Dangote Petroleum poursuit la diversification de ses sources d’approvisionnement en pétrole brut. Pour la première fois depuis son entrée en activité, le complexe industriel a acquis deux cargaisons de brut en provenance des Émirats arabes unis, une initiative destinée à réduire sa dépendance au marché nigérian.
Selon les informations publiées par S&P Global Commodity Insights, cette opération constitue la première importation de pétrole brut du Moyen-Orient par la raffinerie. Elle intervient dans un contexte où l’approvisionnement local demeure insuffisant malgré les engagements pris par la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPCL).
Conçue à l’origine pour traiter essentiellement le pétrole léger non sulfureux produit au Nigeria, la raffinerie adapte progressivement son outil industriel afin de pouvoir raffiner un éventail plus large de qualités de brut. Cette évolution s’inscrit dans sa volonté de fonctionner comme une plateforme de raffinage pleinement commerciale et capable de s’approvisionner sur différents marchés.
Le brut émirati qui ravitaille la raffinerie Dangote Petroleum
Les données de S&P Global montrent qu’en 2025, près de 70 % du pétrole brut importé par la raffinerie provenait encore du Nigeria, tandis qu’environ 24 % était fourni par les États-Unis. L’arrivée du brut émirati marque ainsi une nouvelle étape dans cette stratégie de diversification.
Pourtant, un accord conclu avec la NNPCL prévoyait la livraison mensuelle de 13 à 15 cargaisons de pétrole nigérian, réglées en nairas dans le cadre du mécanisme « naira contre brut ». Ce dispositif devait limiter l’exposition de la raffinerie aux fluctuations du dollar et sécuriser son approvisionnement. Dans les faits, les livraisons sont restées irrégulières, obligeant Dangote à rechercher d’autres fournisseurs.
Cette orientation avait d’ailleurs été annoncée il y a plusieurs mois. En avril dernier, un responsable de la raffinerie, M. Bird, expliquait que le groupe souhaitait accroître la part de pétroles plus lourds dans son mélange d’approvisionnement. « Nous voulons clairement alourdir le baril », avait-il déclaré.
Parallèlement, le marché pétrolier reste marqué par une forte volatilité. Après être tombés sous le seuil des 70 dollars le baril la semaine précédente, les prix du brut sont repartis à la hausse en début de semaine, sous l’effet des tensions géopolitiques ravivées par les récentes frappes impliquant les États-Unis et l’Iran, malgré l’annonce d’un accord de paix.
