La 5G au Togo reste encore marginale. D’après l’ARCEP, seulement 1 % des téléphones actifs dans le pays sont compatibles avec cette technologie. La 4G domine encore le marché avec 39 % des appareils, tandis que 16 % fonctionnent en 3G et 44 % en 2G. La transition numérique est donc inégale et le marché mobile toujours fragile.
Entre fin 2024 et mi-2025, le nombre d’abonnés a légèrement augmenté, passant de 7,69 à 7,99 millions. Mais la plupart des utilisateurs disposent de téléphones bas de gamme, souvent importés de manière informelle, incapables de supporter la 5G.
Le régulateur note une forte hausse des terminaux non identifiés : 66 % au deuxième trimestre 2025, après une baisse de 60,9 % au premier trimestre. Cela met en évidence les limites de la politique d’homologation des appareils et l’importance du marché gris, qui fournit encore des smartphones obsolètes ou non conformes.
Aujourd’hui, c’est la 4G qui soutient la digitalisation du pays. Les deux principaux opérateurs, YAS Togo et Moov Africa Togo, concentrent leurs investissements sur cette technologie. Le nombre d’abonnés 4G a bondi de 38 % en 2024 et de 10 % au premier trimestre 2025, atteignant près de 2,9 millions. Le trafic data a fortement augmenté : +68 % sur un an au deuxième trimestre et +33 % par rapport au trimestre précédent.
Numérique au Togo : les obstacles
Plusieurs facteurs freinent la 5G. Le coût des smartphones compatibles est élevé, hors de portée pour une population dont le revenu moyen mensuel est d’environ 70 000 FCFA. Le spectre radio n’est pas entièrement libéré ni mutualisé. Les investissements des opérateurs ont reculé de 34 % sur un an, freinés par l’incertitude réglementaire et la faible rentabilité anticipée.
Le manque de fibre optique, l’absence d’un écosystème industriel comme l’IoT ou le cloud, et la demande limitée maintiennent la 5G dans quelques zones pilotes, principalement à Lomé.
Le gouvernement mise sur une 5G « utile » pour les secteurs productifs, selon sa feuille de route 2025–2030. L’accent sera mis sur la fibre optique, l’harmonisation du spectre avec les normes CEDEAO et l’encadrement des importations de terminaux.
Sans usages concrets et accessibles, la 5G risque de rester une vitrine technologique. Pour l’heure, la majorité des Togolais continueront à naviguer en 2G ou 3G, rappelant que la révolution numérique se construit terminal par terminal, mégabit par mégabit.