Le gouvernement de la guinée a retiré plus d’une centaine de permis d’exploitation et d’exploration minière depuis le 9 mai 2025. Cette décision touche plusieurs dizaines de sociétés. Elle vise selon les autorités à assainir le cadastre minier, mais elle suscite de fortes incertitudes juridiques et économiques.
Aucune explication officielle n’a encore été donnée sur les critères de retrait, ce qui alimente les spéculations. Certains titres pourraient faire l’objet d’une réattribution via des appels d’offres ou selon le principe du « premier arrivé, premier servi », notamment lorsqu’aucun gisement n’a été identifié. Pour les permis avec des gisements avérés, la procédure devrait être plus encadrée.
Cependant, les permis retirés pourraient être bloqués si leurs titulaires décident de contester la décision. Ils ont la possibilité d’introduire un recours gracieux auprès de l’administration ou de saisir la justice guinéenne. Des actions internationales, notamment des arbitrages sur la base de traités bilatéraux, sont également envisageables.
« Le ministère des Mines devra probablement lancer un appel d’offres pour les périmètres concernés par les anciens permis », estime Me Hamidou Dramé, avocat au barreau de Guinée. Un avis partagé par Me Baptiste Rigaudeau, avocat au Barreau de Paris, qui rappelle que les sociétés étrangères peuvent s’appuyer sur des accords d’investissement pour se défendre.
Objectifs du retrait en Guinée
Ce retrait massif, s’il vise à reprendre le contrôle du secteur et à lutter contre l’inactivité de certains projets, pourrait aussi nuire au climat des affaires. Sans communication claire et prévisible, la confiance des investisseurs pourrait être fragilisée, malgré le fort potentiel minier du pays.
Classée en 2020 parmi les juridictions les plus attractives du monde pour ses ressources en or, bauxite et fer, la Guinée attire de plus en plus de capitaux. Reste à voir si cette reprise en main permettra de relancer les investissements ou si elle entraînera une vague de contentieux juridiques.