Le Port de Lomé continue de gagner du terrain dans le commerce maritime mondial. La plateforme togolaise occupe désormais la 91e place du classement 2026 des 100 premiers ports à conteneurs au monde, publié par Lloyd’s List.
Le Port de Lomé était classé 94e lors de l’édition précédente. Il gagne donc trois places et reste pour la sixième année consécutive dans ce classement de référence.
Mais derrière ce chiffre se cache une réalité qui concerne directement l’économie togolaise : le port est devenu l’un des principaux points de passage des marchandises dans la sous-région. Le classement de Lloyd’s List ne mesure pas simplement la taille des ports. Il repose notamment sur les volumes de conteneurs traités au cours de l’année précédente.
En 2025, les 100 ports classés ont traité ensemble 792,2 millions de conteneurs équivalents vingt pieds (TEU), soit une progression de 6,3 % sur un an.
Le fait que Lomé figure parmi ces 100 plateformes montre donc son poids dans les échanges internationaux de marchandises.
Pour un pays comme le Togo, cette position est particulièrement stratégique. Un port performant peut attirer davantage de lignes maritimes, de marchandises et d’activités liées à la logistique.
Port de Lomé devant Tema cette année
La concurrence est également forte dans la région. Dans le classement 2026, Lomé occupe la 91e place, tandis que Tema, au Ghana, arrive à la 94e place. Mombasa, au Kenya, se classe 99e. Cette évolution intervient dans un contexte où les ports africains cherchent à renforcer leur capacité à capter les flux de marchandises.
Pour Lomé, l’enjeu n’est donc plus seulement d’être présent dans le Top 100. Il s’agit désormais de maintenir cette position face aux autres plateformes de la région. L’une des forces du Port de Lomé réside également dans sa capacité à accueillir de très grands porte-conteneurs.
En 2025, le port a notamment accueilli le MSC Diletta, un navire de 24 000 TEU, dans le cadre d’un service reliant l’Afrique de l’Ouest. Lloyd’s List souligne plus largement que les infrastructures de la région sont désormais capables de recevoir des navires dépassant les 20 000 TEU.
Cette capacité est importante pour les compagnies maritimes, qui utilisent de plus en plus de navires de très grande capacité sur certaines routes commerciales.
Le prochain défi : ne pas s’arrêter au classement
La 91e place constitue une progression, mais elle ne garantit pas que Lomé conservera automatiquement son avantage.
Le classement 2026 de Lloyd’s List montre d’ailleurs que les performances portuaires dépendent de plus en plus de la capacité des plateformes à s’adapter aux changements des routes commerciales, aux perturbations internationales et aux nouvelles exigences des compagnies maritimes.
Pour Lomé, la poursuite de la modernisation des infrastructures et la digitalisation des procédures seront donc déterminantes. Le port doit également continuer à améliorer la fluidité des opérations pour rester attractif auprès des transporteurs et des opérateurs économiques.
Derrière les conteneurs et les grands navires se trouvent des activités qui font vivre tout un écosystème : transport routier, transit, manutention, entreposage, logistique et commerce. Plus le port traite de marchandises, plus ces différents secteurs peuvent être sollicités.
Pour le Togo, l’objectif est donc de transformer la position géographique du pays et les capacités de son port en avantage logistique pour toute la sous-région.
La 91e place mondiale est ainsi un indicateur de performance, mais aussi un rappel de la bataille qui se joue entre les ports africains pour attirer les flux commerciaux.
Lomé a gagné trois places. La prochaine étape sera de savoir jusqu’où le port peut encore progresser.
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