Ce Mercredi matin, plusieurs vidéos intimes attribuées à l’influenceur togolais Achikan Goro ont circulé sur les réseaux sociaux. On y voit le jeune homme en plein rapport sexuel avec une femme. Selon les premiers éléments, les séquences auraient été filmées par lui-même, écartant l’hypothèse d’un montage. Mais la question reste entière : qui est à l’origine de leur diffusion ?
Une affaire aux relents de « revenge porn »
Achikan Goro, récemment en vue pour ses prises de position lors des manifestations socio-politiques au Togo, pourrait être victime de revenge porn ; la diffusion non consentie de contenus sexuels à des fins de vengeance ou de chantage.
Certains internautes n’ont pas tardé à surnommer Achikan Goro « le Baltasar togolais », en référence au célèbre guinéen, connu pour ses vidéos sulfureuses.
Ce phénomène, en pleine expansion avec les réseaux sociaux, est considéré comme une forme de violence numérique, aux lourdes conséquences psychologiques et sociales pour les victimes.
La loi togolaise est claire
Pour le Professeur Akodah Ayewouadan, agrégé de droit et ancien ministre de la Communication. « Le revenge porn est une violation délibérée de la vie privée intime d’autrui par la transmission ou l’affichage d’un contenu sexuellement explicite d’une personne qui est dans un lieu privé, sans le consentement de celle-ci, dans un but de vengeance ou d’extorsion »
Le spécialiste rappelle que le droit à l’image impose le consentement préalable de toute personne avant toute diffusion. Même en dehors des contenus à caractère sexuel, la publication non consentie de documents relevant de la vie privée constitue une violation punissable.
Des sanctions lourdes
Le Code pénal togolais prévoit des peines sévères.
- Article 369 : la violation de l’intimité d’autrui est passible de six mois à deux ans de prison et d’une amende de 5 à 30 millions FCFA.
- Article 467 : le chantage, souvent lié à ces pratiques, peut entraîner un à trois ans de prison et une amende de 500 000 à 3 millions FCFA.
Dans un enregistrement audio récemment partagé, Achikan Goro affirme : « Oui mon pote, moi aussi j’ai vu le montage ». Cette déclaration ajoute une nouvelle dimension à l’affaire, laissant entendre que l’influenceur aurait pris connaissance de la diffusion et des interprétations qui en sont faites sur les réseaux sociaux.
Cet audio souligne les ambiguïtés autour de la viralité du contenu et rappelle combien le numérique peut amplifier les rumeurs, tout en montrant que la parole directe de la personne concernée reste essentielle pour comprendre la situation.