L’Afrique se prépare à franchir une étape décisive vers une industrialisation respectueuse de l’environnement. Réunis à Addis-Abeba la semaine dernière, 45 chefs d’État et de gouvernement africains ont annoncé la mobilisation d’un financement de 100 milliards de dollars destiné à accélérer la transition verte du continent.
Ce fonds inédit sera dirigé par la Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank, Ecobank Transnational et KCB Group. Il servira à financer des projets liés aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et aux infrastructures sobres en carbone. Selon le président kényan William Ruto, il s’agit d’un « investissement massif » qui marque un tournant pour l’Afrique.
Un modèle africain de développement durable
L’objectif est clair : bâtir une économie verte sans compromettre les écosystèmes naturels. Pour Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien, ce plan représente une opportunité unique de faire de l’Afrique le premier continent capable de s’industrialiser sans reproduire les erreurs polluantes des autres régions.
En parallèle, une initiative éthiopienne a été lancée pour générer d’ici 2030 plus de 1 000 solutions technologiques et sociales face aux impacts du changement climatique. Universités, startups et communautés rurales seront associées pour transformer les défis climatiques en opportunités de développement.
Industrialisation : Une réponse aux défis du financement
Malgré son immense potentiel solaire, éolien et hydraulique, l’Afrique n’attire actuellement qu’1 % des investissements climatiques mondiaux. Cette enveloppe de 100 milliards vise donc à combler un déficit majeur et à réduire la vulnérabilité du continent aux catastrophes naturelles.
À la veille de la COP30 prévue au Brésil, les dirigeants africains entendent parler d’une seule voix. Ils plaident pour un financement climatique plus équitable et prévisible, tout en prouvant que l’Afrique peut être moteur de sa propre industrialisation verte.