Samuel Munzele Maimbo, candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), a fait escale à Lomé ce jeudi 20 mars. L’économiste zambien, actuel vice-président de la Banque mondiale, cherche à rallier le soutien du Togo, un acteur clé dans les équilibres diplomatiques africains.
L’élection à la tête de la BAD est prévue pour le 29 mai 2025. Elle repose sur un système de vote où 60% des voix proviennent des pays africains et 40% des partenaires extérieurs. Le Nigeria, la plus grande économie du continent, détient à lui seul 9,1% des voix, suivi de l’Égypte (5,4%) et de l’Afrique du Sud (4,9%).
Avec cette visite, Maimbo espère obtenir le vote du Togo, pays au centre des tractations diplomatiques. Lomé est devenu un passage obligé pour les candidats, à l’image des précédents prétendants Sidi Ould Tah (Mauritanie) et Abass Tolli (Tchad), qui y ont aussi fait campagne.
L’atout du Togo : une économie résiliente et un port stratégique
Selon Maimbo, le Togo est un modèle d’intégration économique. Le pays affiche une croissance économique de 5,8% en 2023, supérieure à la moyenne africaine de 3,2%. Sa dette est mieux maîtrisée, passant de 64% du PIB en 2021 à 57% en 2024. L’inflation, bien que présente, est restée sous le seuil de 6%.
Maimbo a mis en avant le port de Lomé, qui capte 80% du trafic maritime du Sahel et traite 1,9 million de conteneurs par an. Seul port en eau profonde de la région, il s’impose comme un pivot économique pour l’Afrique de l’Ouest. Il est classé premier port à conteneurs d’Afrique de l’Ouest depuis 2017.
Une bataille serrée pour la présidence de la BAD
Maimbo n’est pas seul dans cette course. Il fait face à des rivaux de taille : Amadou Hott (Sénégal), Abass Tolli (Tchad), Sidi Ould Tah (Mauritanie) et Tshabalala, ancienne vice-présidente de la BAD. Soutenu par la SADC et le COMESA, Maimbo doit convaincre au-delà de sa base régionale.
Avec cette candidature, il met en avant une approche pragmatique : « L’intégration africaine passe par des infrastructures. On ne construit pas un marché continental avec des discours, mais avec des ports, des routes et des pipelines. »
Alors que la campagne s’intensifie, la position du Togo pourrait jouer un rôle clé dans l’issue du scrutin.