Le 7 janvier 2026, les autorités du Niger ont annoncé la dissolution de plusieurs Organisations Non Gouvernementales (ONG) nationales et internationales. Selon le gouvernement, ces organisations n’avaient pas publié leurs états financiers de 2024 au journal officiel, une obligation légale.
Cette décision fait suite à des contrôles effectués entre novembre et décembre 2025. Après plusieurs mises en demeure restées sans suite, le ministère a pris cet arrêté pour encadrer le secteur associatif. Le décret publié ne précise pas le nombre exact d’Organisations dissoutes, mais il énumère 1.684 ONG nationales et 125 ONG internationales autorisées à poursuivre leurs activités. Pour rappel, en 2025, le Niger comptait 4.000 Organisations nationales, dont 332 étrangères.
Depuis début 2025, l’État nigérien a intensifié le contrôle des associations. Le 10 janvier 2025, le ministère de la Sécurité avait indiqué que toutes les ONG non inscrites sur une liste officielle verraient leurs activités suspendues dès le 14 novembre 2025. Les structures concernées avaient alors un délai de 60 jours pour se conformer à cette obligation et publier leurs comptes de 2024.
Au total, 75 ONG nationales et 61 Organisations Non Gouvernementales internationales, majoritairement actives dans le domaine de la santé et de l’humanitaire, ont été autorisées à continuer légalement leurs activités. Le 20 novembre 2025, le ministère de l’Intérieur avait déjà levé la suspension pour une centaine d’Organisations non gouvernementales ayant régularisé leur situation. Les autres associations ont vu le délai réduit à 30 jours pour se mettre en conformité.
Les rebondissements après la dissolution des ONG
Cette décision suscite des réactions. L’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits humains a dénoncé ces mesures comme un « rétrécissement de l’espace civique ». L’organisation a également critiqué la création, en février 2025, d’un Comité technique chargé d’encadrer les ONG, qu’elle juge restrictif pour la liberté d’association.
En 2024, plusieurs ONG avaient déjà perdu leur autorisation d’exercer, parmi lesquelles ACTED (ONG française), Action pour le Bien-être (APBE, Organisations nigérienne) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Du côté gouvernemental, cette politique vise à renforcer la transparence et le contrôle des Organisations non gouvernementale. En octobre 2025, à Tillabéri, un forum national a été organisé pour mieux coordonner les actions humanitaires et de développement. Cela a permis la création d’une base de données nationale des assoiations et la mise en place de mécanismes de suivi stricts, afin que les associations rendent des comptes et alignent leurs interventions sur les priorités nationales, humanitaires et sécuritaires.
Depuis l’arrivée au pouvoir du général Abdourhamane Tiani, le gouvernement accuse régulièrement certaines associations de manque de transparence et de soutien à des groupes terroristes, justifiant ainsi ces mesures strictes.