La Marine ghanéenne a mené jeudi une opération spectaculaire dans la zone de Keta-Denu-Aflao, à la frontière avec le Togo, déjouant un important trafic maritime de carburant. Le bilan : 7 pirogues interceptées et 378 barils vides saisis, tandis que les suspects ont pris la fuite.
L’alerte est venue de renseignements précis. Dès le matin, un navire de patrouille longeait la côte de la Région de la Volta, à la frontière Togo-Ghana, connue pour ses activités de contrebande. À l’approche du bâtiment militaire, sept pirogues modifiées ont tenté de s’échapper, en vain. Leur cargaison – 378 barils vides – révèle l’organisation et l’ampleur du réseau.
Ces embarcations à la frontière, appelées localement « Dendes », sont conçues pour le soutage de carburant, c’est-à-dire le transfert illégal de carburant en mer. « Chaque pirogue peut transporter environ 378 barils, ce qui montre l’importance du trafic », a expliqué le Commodore Solomon Asiedu-Larbi, Commandant de la zone.
Selon le Commandant James Dzigbordzi Agrah, officier des opérations, le modus operandi est bien rodé : « Des navires-mères stationnés au large transfèrent le carburant sur ces petites pirogues, qui le transportent ensuite vers les zones côtières en contrebande. »
Face à l’ampleur de ce phénomène, la Marine ghanéenne lance un appel à la vigilance aux communautés côtières : « La coopération de tous est essentielle pour protéger la sécurité nationale, la biodiversité marine et l’économie bleue du Ghana », insiste le communiqué publié jeudi par les Forces armées ghanéennes.
Les autorités invitent les populations à signaler toute activité suspecte dans cette zone frontalière stratégique, où les trafics maritimes prospèrent depuis plusieurs années.