Après près de 3 années de fermeture, la frontière entre le Niger et le Bénin pourrait bientôt rouvrir. Les 2 pays affichent une volonté de renouer le dialogue, conscients des enjeux économiques et sécuritaires qui entourent cet axe stratégique pour les échanges en Afrique de l’Ouest.
Dans cette dynamique, le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, a rencontré à Cotonou le comité d’experts chargé de préparer la réouverture de la frontière commune. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans le rapprochement engagé entre Niamey et Cotonou après plusieurs mois de fortes tensions diplomatiques.
Le responsable nigérien a toutefois posé deux conditions avant toute reprise des échanges. Il souhaite la signature d’un accord de défense entre les deux États ainsi qu’un accord de sécurité garantissant que le territoire de chaque pays ne puisse être utilisé pour mener des actions hostiles contre son voisin.
Niamey réclame également davantage de transparence sur la présence de forces étrangères à proximité de la frontière. Depuis plusieurs années, les autorités nigériennes accusent le Bénin d’abriter des installations militaires françaises. Des accusations que Cotonou et Paris ont toujours rejetées.
La réouverture de cette frontière, enjeu économique
Au-delà des questions de défense, la réouverture de cette frontière représente un enjeu économique majeur. La fermeture décidée après le changement de pouvoir intervenu à Niamey en juillet 2023 a fortement perturbé les échanges commerciaux, le transport des marchandises et les activités des opérateurs économiques des deux côtés de la frontière. La reprise de la circulation pourrait redynamiser les flux commerciaux et faciliter l’approvisionnement des marchés.
Face à la menace persistante des groupes armés opérant dans la région, le général Mohamed Toumba a également proposé la création d’une cellule bilatérale de partage de renseignements. L’objectif est de renforcer la coopération entre les forces de sécurité des deux pays afin de mieux coordonner la lutte contre un ennemi qui agit sans tenir compte des frontières.
Le climat entre Niamey et Cotonou s’est progressivement apaisé depuis la visite, début juin, du président béninois Romuald Wadagni au Niger. Ce rapprochement diplomatique ouvre la voie à une normalisation des relations et nourrit l’espoir d’une réouverture prochaine de la frontière, attendue aussi bien par les populations que par les acteurs économiques des deux pays.
