L’Afrique continue de faire face à un niveau élevé de corruption. Selon l’édition 2024 de l’Indice de perception de la corruption (IPC), publié par Transparency International, seuls cinq pays du continent ont obtenu des scores supérieurs à 50 sur une échelle de 100. Par ailleurs, 22 États ont vu leurs performances se détériorer par rapport à l’année précédente.
Les Seychelles, le Cap-Vert, le Botswana, le Rwanda et Maurice figurent parmi les pays africains où la corruption est la moins répandue. Ces nations, qui bénéficient d’une gouvernance plus rigoureuse et d’un climat économique plus sain, attirent davantage d’investissements et stimulent la croissance. Les Seychelles se distinguent particulièrement en occupant la 18ᵉ place mondiale avec un score de 72, loin devant plusieurs grandes économies africaines.
D’autres pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, Sao Tomé-et-Principe et le Sénégal obtiennent un score de 45, ce qui les place au 69ᵉ rang mondial. En revanche, des États fragiles ou en proie aux conflits, comme le Soudan du Sud (8 points), la Somalie (9) et la Libye (13), enregistrent les plus faibles performances.
Impact économique de la corruption
La corruption a des effets désastreux sur l’économie africaine. Elle freine les investissements, réduit la compétitivité des entreprises et augmente le coût des services publics. En détournant des ressources essentielles, elle limite le financement des infrastructures, de l’éducation et de la santé, ce qui entrave la croissance.
Les États ayant amélioré leur score, comme la Côte d’Ivoire (+5 points) et le Rwanda (+4 points), bénéficient d’une meilleure confiance des investisseurs et d’une croissance plus soutenue. À l’inverse, des pays comme l’Érythrée (-8 points), la Libye et l’Égypte (-5 points chacun) risquent de voir leur économie fragilisée par la détérioration de leur gouvernance.
Une lutte contre la corruption qui peine à avancer
À l’échelle mondiale, la tendance reste préoccupante. Le Danemark demeure le pays le moins corrompu avec un score de 90, suivi par la Finlande (88) et Singapour (84). Plus des deux tiers des 180 pays évalués enregistrent un score inférieur à 50, un indicateur alarmant de l’ampleur du phénomène.
Malgré les efforts de certaines nations africaines, la lutte contre la corruption peine à produire des résultats concrets. Pour améliorer leurs performances économiques, les gouvernements doivent renforcer la transparence, appliquer des sanctions plus sévères et favoriser un climat des affaires propice aux investissements.